
Quelle suite pour Olivér Várhelyi, le dernier homme d’Orbán à Bruxelles ?
La victoire écrasante de Péter Magyar aux élections en Hongrie soulève des interrogations concernant l’avenir d’Olivér Várhelyi, commissaire européen et proche de Viktor Orbán, dont la carrière politique a été largement façonnée par l’ancien Premier ministre. Magyar, en tant que futur Premier ministre, pourrait envisager de forcer la démission de Várhelyi, bien que les règles de l’Union européenne rendent cette option complexe.
Membre du collège des commissaires depuis 2019, Várhelyi a axé son second mandat sur des thématiques comme le bien-être animal et divers enjeux de santé. Cependant, des spéculations circulent parmi les responsables du parti Tisza sur son avenir, notamment en raison des accusations d’implication de la Hongrie dans des activités d’espionnage à Bruxelles, qui font actuellement l’objet d’une enquête interne.
Selon Richard Corbett, ancien député et auteur de « The European Union: How Does It Work? », il est peu courant de remplacer un commissaire lors d’un changement de gouvernement, car ces derniers agissent de manière indépendante des gouvernements nationaux. Des exemples antérieurs montrent que des commissaires sont restés en poste malgré des changements politiques dans leur pays d’origine.
Magyar a fait du remplacement des hauts fonctionnaires affiliés au Fidesz un axe central de sa campagne, mais il reste à déterminer si Várhelyi entre dans cette catégorie. L’exécutif européen, contacté pour réagir à ces allégations, n’a pas répondu au moment de la publication.
Le président de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, détient le pouvoir de révoquer un commissaire, mais cela ne se fait généralement pas sans raisons substantielles. Eric Maurice, expert en institutions européennes, indique que la formation d’un nouveau gouvernement ne suffirait pas à justifier une telle décision, sauf si des preuves d’implication dans des affaires d’espionnage étaient découvertes.
Várhelyi a été reconduit pour un nouveau mandat en 2024, avec le soutien du Parti populaire européen. Cependant, son engagement auprès d’Orbán et sa participation à des événements politiques d’extrême droite à Bruxelles soulèvent des questions sur son indépendance.
László Andor, ancien commissaire socialiste hongrois, estime qu’un remplacement de Várhelyi ne serait pas dans la culture hongroise, rappelant que les élections législatives se tiennent régulièrement sans dérogation depuis 1990. Várhelyi n’a pas souhaité faire de commentaires sur ces développements.
Source : Euractiv






