Netanyahou à l’ONU : quand le colonialisme s’invite dans les leçons de morale des puissants.
Le fait principal
Lors de son discours à l’ONU le 24 septembre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a violemment critiqué la France et le Royaume-Uni, les accusant d’hypocrisie pour leur condamnation de la politique de colonisation d’Israël, tout en étant eux-mêmes des pays ayant une histoire coloniale riche.
Ce qui s’est passé
« Ils accusent Israël, le minuscule Israël, de colonialisme ! » a déclaré Netanyahu, se lançant dans une diatribe contre les anciennes puissances coloniales. Selon lui, ces nations, qui ont « inventé le terme », n’ont aucune légitimité à critiquer l’État hébreu. Il a ajouté que leurs colonies « couvraient la planète entière », soulignant ainsi une prétendue incohérence dans leurs accusations.
Le contexte
Les critiques de la politique de colonisation israélienne, qui s’intensifient ces dernières années, trouvent leur origine dans des décennies de conflits au Moyen-Orient. La colonisation des territoires palestiniens est souvent dénoncée par la communauté internationale, et des résolutions ont été adoptées par l’ONU appelant à la fin de cette pratique. Cependant, les pays comme la France et le Royaume-Uni, qui ont eux-mêmes un passé colonial, se retrouvent dans une position délicate pour émettre des jugements.
Les chiffres à retenir
Environ 600 000 colons israéliens vivent actuellement dans des colonies en Cisjordanie, selon des données récentes de l’ONU. Ce chiffre souligne l’ampleur de la colonisation, qui est souvent qualifiée d’illégale selon le droit international.
Ce que cela révèle
Le discours de Netanyahu met en lumière une contradiction flagrante : alors que les puissances coloniales passées tentent de se réinventer en tant que défenseurs des droits humains, leur propre histoire les rattrape. Cette situation pourrait faire sourire les cyniques, qui voient dans cette joute verbale une danse macabre des hypocrites. La critique israélienne, en retour, soulève la question de la légitimité des discours moralisateurs dans un monde où le colonialisme a laissé des cicatrices profondes.
Ce qu’il faut retenir
Benjamin Netanyahu a utilisé la tribune de l’ONU pour dénoncer l’hypocrisie des anciennes puissances coloniales, tout en soulignant la complexité des accusations portées contre Israël. Cette tirade rappelle que les leçons de l’histoire ne sont pas toujours intégrées dans les discours politiques contemporains.
Sources : ONU, Le Monde
