Nantes : Dentistes menacés de licenciement après refus du matériel dentaire chinois
Nantes : Des dentistes menacés de licenciements pour avoir refusé le « made in China »
Dans un cabinet dentaire situé Rue Noire à Nantes, plus de 6.000 patients se retrouvent sans soins. Alors que l’établissement comptait huit dentistes l’année dernière, l’activité a chuté au point qu’il n’y a « presque plus d’activité », selon un praticien sous couvert d’anonymat. Cette situation résulte d’arrêts maladie fréquents et de départs provoqués par une « maltraitance inouïe » ressentie par le personnel depuis plusieurs mois dans ce cabinet mutualiste du groupe Vyv 3.
Récemment, les dentistes de l’établissement ont reçu des convocations pour des entretiens préalables « en vue d’une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement ». Un professionnel de santé a déclaré que cette situation est « au-delà de ce qu’on aurait pu imaginer il y a encore quelques mois ». En mai, cinq dentistes avaient déjà été mis à pied pour avoir refusé d’imposer des prothèses dentaires « Made in China » à leurs patients, une décision motivée par des objectifs de rentabilité. Anthony Kerdreux, délégué syndical France Ouvrière, avait précisé à l’époque que les dentistes risquaient des sanctions s’ils ne respectaient pas l’obligation de travailler à 30 % avec des fournisseurs étrangers.
La situation s’est aggravée cet été, lorsque la direction a proposé des entretiens individuels aux assistantes pour leur offrir des postes ailleurs ou des ruptures conventionnelles. Un dentiste a souligné que cette situation a créé des tensions, car « tout le monde a peur de perdre son travail ».
En juillet et août, le cabinet a fonctionné avec seulement deux ou trois dentistes, ce qui a contraint certains à « laisser des patients en plan ». Les habitués ont désormais peu de chances de trouver un créneau, poussant les praticiens à conseiller à leur patientèle de « voir ailleurs ».
Les dentistes devraient connaître leur sort dans les semaines à venir, mais craignent une fermeture de l’établissement, une situation déjà observée dans d’autres régions comme en Vendée ou dans le Maine-et-Loire. Le groupe Vyv 3 Pays de la Loire a indiqué qu’il ne commenterait pas les situations individuelles ni les procédures en cours.
Source : 20 Minutes.
