
Municipales à Nouméa : la réduction du nombre de bureaux de vote jugée discriminatoire par des candidats
La décision de la mairie de Nouméa de centraliser les bureaux de vote en huit lieux spécifiques suscite des critiques et de l’indignation, notamment au sein de l’opposition. Cette mesure impose aux électeurs de parcourir jusqu’à 4 kilomètres pour voter, alors qu’auparavant, il leur suffisait de se rendre à l’école du quartier. Un défi supplémentaire pour de nombreux habitants, particulièrement ceux des quartiers populaires à majorité kanak, où un foyer sur deux ne possède pas de véhicule.
Dans des zones comme Montravel, la situation est d’autant plus préoccupante. En revanche, dans les quartiers sud, où la population est majoritairement européenne, jusqu’à 85 % des ménages disposent d’une voiture. À Nouville, où de nombreuses familles vivent dans des squats, seulement 25 % des foyers possèdent un véhicule, selon le recensement de 2019. Muneiko Haocas, tête de liste du Mouvement nationaliste indépendantiste et souverainiste (Mnis), dénonce cette situation en affirmant que « la distance pour aller voter va être multipliée par deux, trois, voire dix » pour certains.
Pour justifier cette décision, la mairie évoque des raisons de sécurité et l’impossibilité d’utiliser certains bâtiments, à la suite d’incendies survenus en 2024. Alan Boufenèche, directeur de la vie citoyenne de Nouméa, a déclaré que l’insécurité persistante justifie cette centralisation. Ce regroupement des bureaux de vote avait déjà été appliqué lors des législatives anticipées de juin 2024, période marquée par des tensions et des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre.
La situation soulève des questions sur l’accès au vote et l’égalité des droits dans un contexte où la participation électorale pourrait être compromise pour les populations les plus vulnérables.
Source : Le Monde




