Mobilisation lycéenne : plus de 200 blessés recensés, l’IGPN saisie de trois enquêtes
Les blocages de lycées se sont étendus mercredi 30 septembre, tandis que plusieurs rassemblements ont été marqués par des incidents. Les autorités font état de plus de 200 blessés depuis le début des troubles. Trois enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après des bless de lycéens, dont celle, grave, d’un jeune homme à Tours, dont l’origine reste à établir.
356 établissements concernés mercredi
Selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, 356 établissements ont été concernés par la mobilisation mercredi, contre 338 la veille. Il a également indiqué que 83 policiers et gendarmes avaient été blessés. Le ministre a dénoncé des jets de projectiles, des fonctionnaires pris à partie et des tentatives de mise à feu, qualifiant certains faits de « violences urbaines ».
Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a pour sa part fait état de 119 élèves et personnels blessés depuis le début des troubles, dont 34 membres du personnel. Il a appelé à la reprise des cours et condamné les attaques visant des agents publics.
La mobilisation est liée, selon les revendications rapportées, au manque de moyens, aux difficultés à remplacer les enseignants et à la dégradation des conditions d’apprentissage. Elle avait débuté plus de dix jours auparavant.
Trois enquêtes après des bless de lycéens
L’IGPN a été saisie de faits survenus à Sevran, en Seine-Saint-Denis, à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, et à Tours, en Indre-et-Loire. À Tours, un jeune homme a été hospitalisé au CHU avec des bless à la tête. La possibilité d’un tir de lanceur de balles de défense (LBD) est examinée, mais l’origine de sa bles n’était pas déterminée au moment des déclarations rapportées.
La préfecture a indiqué à l’Agence France-Presse que des vérifications étaient en cours pour établir si la bles pouvait résulter d’un tir de LBD. Les forces de l’ordre étaient intervenues avec les pompiers pour faire cesser plusieurs incendies et avaient été visées par des jets de projectiles. Laurent Nuñez a affirmé que les policiers et gendarmes avaient fait un usage proportionné de leurs moyens d’intervention, notamment de gaz lacrymogène.
Le gouvernement annonce une concertation
Le ministère de l’Éducation nationale prévoit de mettre en place une plateforme permettant aux lycéens de faire connaître leurs préoccupations et leurs demandes. Édouard Geffray souhaite qu’elle soit opérationnelle d’ici au lundi 5 octobre, ou au plus tard le mardi 6 au matin. Une restitution nationale doit ensuite être organisée, sans date annoncée.
Les recteurs doivent réunir les conseils académiques de la vie lycéenne dans les 48 heures. Les proviseurs pourraient également convoquer des réunions extraordinaires dans leurs établissements. Depuis Madrid, Emmanuel Macron a déclaré comprendre les inquiétudes et les colères des jeunes, tout en affirmant que celles-ci ne justifiaient pas la violence.
L’Union syndicale lycéenne a appelé à une nouvelle mobilisation jeudi 1er octobre, puis à une journée d’action le 6 octobre. La Fage, l’Union étudiante et l’Unef soutiennent également le mouvement et appellent à des manifestations et à des blocages.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : RFI avec AFP
