Mobilisation lycéenne : Mélenchon accuse le gouvernement Lecornu de répression
Les lycéens en mouvement sont inoffensifs. Le gouvernement Lecornu a ordonné la répression. Cette férocité est irresponsable avec un arrière-goût raciste évident. Pas touche à nos jeunes. Élus et militants insoumis interposez-vous partout où vous le pouvez.
Jean-Luc Mélenchon accuse le gouvernement Lecornu d’avoir réprimé la mobilisation lycéenne et prête à son action un « arrière-goût raciste ». Le 28 septembre 2026, sa charge intervient alors que des blocages de lycées donnent lieu à des incidents et que l’exécutif reproche à des élus insoumis d’encourager le mouvement. Deux questions se croisent : que réclament les élèves, et que sait-on des interventions policières ?
Le fait principal
Dans un message attribué à Jean-Luc Mélenchon, le dirigeant insoumis affirme que les lycéens mobilisés ne présentent pas de danger, accuse le gouvernement d’avoir ordonné leur répression et demande aux élus et militants de son mouvement de s’interposer lorsque c’est possible. Il s’agit d’une accusation politique, non d’un ordre gouvernemental établi par le seul message.
De son côté, le Premier ministre Sébastien Lecornu dénonce une « nchère irresponsable » d’élus de La France insoumise qui appellent à étendre les blocages. Il invoque des tirs de mortiers d’artifice, des incendies et des violences aux abords d’établissements. ()
Ce qui s’est passé
Des lycées franciliens connaissent des blocages depuis la semaine précédant le 28 septembre. La mobilisation porte notamment sur les conditions d’étude et le manque de moyens. Dans un communiqué publié le 27 septembre, une intersyndicale de l’éducation en Seine-Saint-Denis soutient ces revendications et dénonce, pour sa part, des violences policières et des interpellations. Ces prises de position ne permettent pas, à elles seules, de reconstituer chaque intervention. ()
La controverse a pris une dimension nationale : le débat ne porte plus seulement sur l’état des lycées, mais aussi sur la sécurité devant leurs portes et sur la réponse des forces de l’ordre. C’est précisément là que les deux récits s’opposent. ()
Le contexte
Les lycéens disposent de libertés d’expression et de réunion, encadrées par le code de l’éducation et le règlement intérieur des établissements. Ces droits ne rendent pas les violences acceptables ; inversement, des incidents aux abords de certains lycées ne suffisent pas à qualifier l’ensemble des élèves mobilisés de violents. ()
Ce que montrent les faits
La formule de Mélenchon présente les lycéens « en mouvement » comme un ensemble inoffensif. Celle de Lecornu met l’accent sur des actes dangereux. Or les revendications des élèves et l’existence d’incidents peuvent être vraies simultanément. Les confondre dispense de répondre aux premières ; ignorer les seconds ne protège personne. ()
Les éléments consultés ne permettent pas d’établir qu’un ordre de réprimer indistinctement les lycéens a été donné, ni de démontrer le mobile raciste imputé par Mélenchon au gouvernement. Ils ne permettent pas davantage de conclure que toute intervention policière était justifiée. Pour en juger, il faudrait examiner les faits, les consignes et les circonstances propres à chaque lieu.
Ce qu’il faut retenir
Le bras de fer politique est documenté. Les difficultés dénoncées dans les lycées le sont aussi. Entre accusation de répression et discours de fermeté, la vérification décisive reste à faire intervention par intervention. Elle ne tient ni dans un slogan ni dans un communiqué.
Source : Jean-Luc Mélenchon
