En 2025, le Mexique a été désigné comme le pays le plus dangereux pour les journalistes en Amérique latine, selon le rapport « Estructuras del Silencio: censura, opacidad y vigilancia » de l’organisation Artículo 19. (infobae.com)
Ce rapport a documenté sept meurtres de journalistes, une disparition et 451 agressions, plaçant le Mexique en tête des pays latino-américains en matière de violence létale contre la presse. En collaboration avec le Guatemala et le Honduras, le nombre total de meurtres de journalistes s’est élevé à 12, mettant en évidence une crise étendue en Amérique centrale et au Mexique. (infobae.com)
Les agressions contre la presse ne sont pas des incidents isolés, mais font partie d’un schéma structurel. Parmi les 451 agressions recensées, 199 ont été classées comme « environnement hostile » (44,12 %), 151 comme abus de pouvoir public (33,48 %) et 53 comme violence physique et attaques directes (11,75 %). Les menaces demeurent l’un des mécanismes les plus fréquents, avec 112 cas documentés, ce qui signifie qu’au Mexique, un journaliste est menacé tous les quatre jours. De plus, 65 cas de stigmatisation ont été enregistrés, dont 60 % provenaient d’autorités ou d’acteurs politiques. (infobae.com)
Depuis 2000, au moins 176 journalistes ont été assassinés au Mexique en raison de liens possibles avec leur travail, et 32 sont toujours portés disparus. Rien qu’en 2025, huit tentatives d’assassinat ont également été signalées. L’organisation dénonce une « impunité structurelle », soulignant que dans la majorité des cas, les enquêtes ne considèrent pas le travail journalistique comme ligne principale et présentent des lacunes graves, y compris des pratiques de revictimisation. (infobae.com)
Le rapport identifie également l’utilisation de l’appareil institutionnel comme forme de censure. En 2025, 67 journalistes et médias ont été confrontés à des procédures juridiques : 29 électorales, 17 pénales, 13 civiles et huit administratives. Dans 49 cas (73,13 %), ces actions ont été promues par des fonctionnaires ou des acteurs politiques, transformant le système judiciaire en un outil pour inhiber l’exercice du journalisme. « L’objectif n’est pas nécessairement de gagner, mais de punir par le processus », avertit le rapport. (infobae.com)
En ce qui concerne l’accès à l’information, le rapport met en lumière des obstacles tels que des réponses incomplètes, inexistantes ou injustifiées aux demandes officielles. Par exemple, 32 % des réponses étaient incomplètes, 53,3 % indiquaient l’inexistence de l’information, et 84 % des personnes interrogées ont identifié des pratiques répétées de ce type. De plus, l’instance « Transparence pour le Peuple » a rejeté près de 99,6 % des recours de révision au cours de ses premiers mois, reflétant une priorisation administrative au détriment de l’analyse de fond. (infobae.com)
Sur le plan numérique, 17 cas de censure en ligne ont été documentés, impliquant la suppression ou la restriction de contenus journalistiques, dans un environnement caractérisé par l’opacité et une faible traçabilité. (infobae.com)
Territorialement, Mexico, Puebla et Veracruz ont concentré le plus grand nombre d’agressions, avec respectivement 84, 39 et 34 cas. En revanche, dans des entités avec moins de cas enregistrés, comme Sinaloa, le rapport met en garde contre des scénarios possibles d’autocensure. De plus, au moins deux cas de déplacement forcé interne de journalistes ont été documentés à Michoacán, entraînant des ruptures de vie personnelle, des pertes économiques et des impacts psychologiques. (infobae.com)
Ce rapport souligne la situation préoccupante de la liberté de la presse au Mexique, caractérisée par une violence persistante, une impunité généralisée et des mécanismes institutionnels de pression, mettant en danger le droit à l’information et la démocratie dans le pays.




