Meurtre et viol d’une fillette de 5 ans en Australie : la communauté aborigène en émoi
La police australienne a annoncé, dimanche 3 mai, la mise en examen d’un ancien détenu pour le meurtre et le viol d’une enfant de 5 ans, dont le corps a été retrouvé jeudi 30 avril près de la ville d’Alice Springs, dans le centre du pays. Des traces d’ADN du suspect, Jefferson Lewis, ont été retrouvées sur les vêtements de l’enfant, surnommée Kumanjayi Little Baby par ses proches. Âgé de 47 ans, cet homme venait de sortir de prison pour des faits d’agressions et se trouvait à proximité du lieu de la disparition de la fillette au moment des faits. Le Premier ministre, Anthony Albanese, a déclaré : « C’est l’issue tragique que nous espérions tous désespérément éviter. »
L’individu s’est finalement rendu, vendredi, à la communauté aborigène où avait grandi la fillette. Il a été immédiatement agressé jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre, qui l’ont ensuite escorté vers un hôpital d’Alice Springs sous protection. Cette intervention a suscité la colère des habitants.
Une foule d’environ 400 personnes s’est rassemblée devant l’hôpital, tentant de forcer l’entrée, selon le commissaire de police du territoire. Des affrontements violents ont eu lieu entre la police, les manifestants et les services d’urgence, entraînant des blessures chez plusieurs policiers, ambulanciers et un pompier. Des images ont montré des nuages de gaz lacrymogène et un fourgon de police en flammes, tandis que des manifestants exprimaient leur colère envers les policiers.
Les protestataires, selon la chaîne publique ABC, réclamaient la sortie de l’homme pour qu’il subisse une punition traditionnelle, pratiquée dans des communautés autochtones du centre de l’Australie. Harley Myers, aborigène d’Alice Springs, a déclaré : « On a l’impression que la police protège ce type. [Les policiers] nous tirent dessus. Laissez-nous nous servir de nos propres lois et de notre culture pour le faire payer. » Jefferson Lewis a depuis été transféré à Darwin, la capitale du Territoire du Nord, pour des raisons de sécurité.
Robin Granites, porte-parole de la famille et membre du groupe autochtone Warlpiri, a appelé au calme au sein de la communauté, soulignant l’importance de faire le deuil et de respecter les pratiques culturelles.
Source : Le Monde (avec AFP et Reuters)





