Menton : Quand le baptême adulte devient le dernier recours face à l’angoisse de l’extrême droite.
Le fait principal
La visite du pape Léon XIV en France, prévue pour attirer 600 000 fidèles à la messe place de la Concorde, met en lumière un phénomène paradoxal : alors que le catholicisme s’effrite, le nombre d’adultes qui choisissent de se faire baptiser explose.
Ce qui s’est passé
À Menton, en 2027, Lisa et Vincent, deux futurs baptisés, auront suivi deux ans de préparation spirituelle. Lisa, 27 ans, catholique non pratiquante, a été poussée vers l’église par le décès d’un proche. Elle confie :
« Ce jour-là, je me suis dit que j’avais besoin d’autre chose, je ne pouvais pas penser qu’après la mort c’était terminé, je me suis raccrochée à ça. »
Vincent, 28 ans, partage une expérience similaire. Après un deuil, il a trouvé « une forme d’apaisement » dans la prière. Ils ne sont pas seuls : environ 13 200 adultes et 8 200 adolescents seront baptisés cette année, une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente.
Le contexte
Ce phénomène se déroule dans un paysage religieux en déclin. En 70 ans, la proportion de Français se déclarant catholiques est passée de 90 % à 30 %. Pourtant, les catéchumènes affirment avoir mûri leur décision, souvent motivée par des crises personnelles. Gloria Desbordes, responsable diocésaine du service catéchuménat, indique que ces personnes sont prêtes à s’engager, même pour deux ans.
Les chiffres à retenir
- 8 200 adolescents de 11 à 17 ans seront baptisés cette année.
- 13 200 adultes, dont une forte majorité de femmes, se joindront à eux.
- Augmentation de 20 % du nombre de baptêmes par rapport à l’année précédente.
- 5,5 % de la population française fréquente assidûment les églises.
- Ce chiffre monte à 12 % chez les catholiques.
Ce que cela révèle
Ce contraste saisissant entre le déclin du catholicisme et l’essor des baptêmes adultes soulève des questions. Jean Viard, sociologue, évoque un besoin de spiritualité dans une société en crise, où la politique semble s’effondrer.
« Quand la politique recule, la religion avance »,
affirme-t-il avec une ironie mordante. Peut-être que face à l’incertitude, les Français cherchent un ancrage dans une foi qui, paradoxalement, perd du terrain.
Les chiffres sont clairs, mais le message est troublant : dans un monde où l’on se détourne des églises, la quête de sens semble plus forte que jamais. Les promesses de renaissance spirituelle s’opposent à la réalité d’une société qui, elle, semble en décomposition.
Ce qu’il faut retenir
Le baptême, rite de passage, devient un refuge pour des âmes en quête de sens dans un monde incertain. Alors que le catholicisme recule, le besoin de croire semble, lui, en plein essor. Un phénomène qui mérite d’être observé de près, car il pose la question : qu’est-ce qui nous pousse vraiment à croire ?
Sources : Laurent Meney, ICI Côte d’Azur TV ; Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon.
