
Master Poulet et Tasty Crousty : Le succès des fast-foods de poulet en France
À Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, le Tasty Crousty attire chaque jour une foule de clients. À peine 12 h 30, plus de vingt personnes font la queue pour déguster des barquettes de poulet croustillant, souvent accompagnées de riz. Ce phénomène témoigne de l’engouement croissant pour le poulet dans le secteur de la restauration rapide.
Table des matières
Le cabinet Food Service Vision a recensé 700 points de vente de chaînes dédiées au poulet à la fin de 2025, soit une augmentation de 20 % par rapport aux deux années précédentes. Ce chiffre n’inclut pas les nombreux fast-foods indépendants. Florence Berger, directrice associée du cabinet, indique que de nouveaux concurrents émergent derrière le leader KFC, soutenus par les réseaux sociaux et les plateformes de livraison.
Un flou sur la provenance
À proximité du Tasty Crousty, Master Poulet, spécialisée dans le poulet grillé, connaît également un fort développement. Les prix attractifs, comme 4 € pour un demi-poulet chez Master Poulet et 9 € pour une barquette chez Tasty Crousty, soulèvent des questions sur l’origine de la viande. Les chaînes de fast-food souvent n’indiquent pas clairement la provenance de leur poulet, qui proviendrait d’élevages ultra-intensifs, généralement importés à bas coût.
Yann Nédélec, directeur d’Anvol, souligne que l’affichage de l’origine de la volaille est peu respecté dans le secteur. Environ 52 % du poulet consommé en France en 2025 est importé, avec une proportion atteignant 75 % pour le poulet standard vendu hors domicile.
Une dynamique qui profite à l’importation
Cette tendance à la hausse de la consommation de poulet hors domicile, qui s’est intensifiée au cours des vingt dernières années, profite principalement aux importations. Les grossistes, comme ceux de Rungis, proposent des filets de poulet polonais à des prix nettement inférieurs à ceux du poulet français.
Pour voir plus de poulet français dans ces enseignes, l’interprofession plaide pour une augmentation de la taille des exploitations. Cependant, ce modèle d’élevage pose des questions environnementales, car il dépend d’importations massives de soja.
Course à la croissance
Les poulets standards, souvent issus d’élevages à forte densité, sont abattus au bout de quarante jours, alors que leurs homologues labellisés vivent au moins 81 jours. Ce modèle de production entraîne des préoccupations concernant la souffrance animale et la qualité de la viande.
Malgré cela, ces chaînes de fast-food continuent de prospérer, notamment dans des zones où l’offre alimentaire est limitée, ce qui soulève des interrogations sur les politiques alimentaires et commerciales en France.
Source : Reporterre


