
Mal-logement : une centaine de familles se relaient pour camper devant l’Hôtel de ville de Paris
Une action « au long cours » a été lancée par une centaine de familles parisiennes, mal logées ou sans logement. Elles ont installé un campement devant l’Hôtel de ville de Paris, avec l’aide de l’association Droit au logement (DAL), et se relaient pour l’occuper, a constaté l’Agence France-Presse le 22 avril. L’objectif de cette mobilisation est d’obtenir un logement décent.
Près de 20 tentes ont été installées au cœur de la capitale depuis le mardi précédent. Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL, a annoncé que « d’autres vont suivre ». Il a précisé que les personnes mobilisées ont souvent fait une demande de logement social, sont reconnues prioritaires au titre du droit au logement opposable (Dalo) et, malgré cela, n’ont pas été relogées.
L’association appelle la Ville à faire « toute la transparence sur les critères d’attribution et la cotation des personnes relogées ». Parmi les participants, certaines familles font partie du quart le moins riche des demandeurs de logement social, ce qui les classe également comme prioritaires.
Les militants du DAL, présents sur le parvis de l’Hôtel de ville, ont exprimé leur colère : « On est là, on bouge pas. Y en a marre des souris dans les placards, y en a marre des cafards dans les plumards, des logements vides, des loyers hyperchers ».
Salah, un Algérien de 74 ans, a dormi dans l’une des tentes avec sa fille de 18 ans. Malika, une chauffeuse VTC, vit dans 32 mètres carrés dans le 19e arrondissement avec ses trois enfants et a déposé une demande de logement social « depuis quinze ans ». Louisa, 76 ans, allocataire du minimum vieillesse, paye 445 euros par mois pour une chambre de 23 mètres carrés depuis 2015, sans avoir reçu de proposition de relogement malgré sa reconnaissance par le tribunal administratif comme devant être relogée d’urgence.
Un an après le dépôt de deux recours contre l’État, dont un concernant le droit au logement opposable pour non-assistance à personnes mal logées, le Collectif des associations pour le logement a expliqué en février que l’État ne respecte pas ses obligations de résultat.
Source : Agence France-Presse.






