
Mobilisation des salariés des laboratoires d’analyses médicales dans le Gers
À partir du 4 mai 2026, les salariés des laboratoires d’analyses médicales se mobilisent dans toute la France, avec une situation particulièrement tendue dans le Gers. La fusion de Synlab Gascogne et Synlab Adour a entraîné la suppression du seul plateau technique du département, provoquant un mécontentement croissant parmi les employés.
Muriel Sutto, secrétaire générale de la CGT Synlab Sud-Ouest, souligne : « Aujourd’hui, il n’y a plus rien en termes d’analyse technique qui se fait sur le Gers. Le département a totalement perdu son unique plateau technique. » Depuis novembre 2025, les prélèvements sont envoyés à Aire-sur-l’Adour, et parfois même en Gironde, ce qui, selon les salariés, dégrade la qualité du service rendu aux patients. Une patiente prélevée à domicile à 6 heures du matin peut attendre jusqu’à 14 heures pour obtenir ses résultats, ce qui remet en question la notion d’urgence vitale.
Les conditions de travail se détériorent également. Les horaires ont été compressés, et le travail qui était auparavant effectué en neuf heures doit désormais l’être en six. En parallèle, environ 13 postes ont été perdus en quelques mois à cause de licenciements et de départs non remplacés. « Il n’y a pas d’embauche derrière. On tire en permanence sur des salariées compétentes, polyvalentes… et aujourd’hui, on en a ras le bol », déclare Sutto.
Un autre point de tension est l’absence de dialogue social. Les représentants du personnel font défaut depuis la fusion, et les élections du Comité Social et Économique (CSE) attendues depuis un an et demi sont programmées pour début juin. En attendant, les salariés dénoncent des décisions unilatérales de la direction.
La mobilisation prévue dans le Gers inclut des sites à Samatan, Gimont, Auch, Nogaro, ainsi que Maubourguet dans les Hautes-Pyrénées et Aire-sur-Adour dans les Landes. Les revendications portent sur une augmentation immédiate de 15 % des salaires et une revalorisation globale de la grille salariale. « C’est une question de reconnaissance. Malgré tout, on continue à faire notre travail avec éthique. Mais aujourd’hui, ça ne peut plus continuer comme ça », conclut Sutto.
Source : La Dépêche



