Maïmouna Bocoum : la physique son et lumière

Maïmouna Bocoum : Pionnière de l’acousto-optique pour la détection précoce des tumeurs

Maïmouna Bocoum, physicienne à l’Institut Langevin, est récompensée cette année par le prix Irène Joliot-Curie – Jeune femme scientifique pour ses travaux innovants dans le domaine de l’imagerie biomédicale. Spécialiste de l’acousto-optique, elle développe des technologies d’imagerie permettant la détection précoce de tumeurs du sein.

Titulaire d’un diplôme de l’École nationale supérieure de techniques avancées, Maïmouna Bocoum a initialement un profil plutôt théorique. Elle a opté pour une thèse expérimentale sur la génération d’impulsions laser attoseconde, soutenue en 2016. Ce travail lui a permis d’établir un record mondial pour l’impulsion la plus courte à haute cadence dans le proche infrarouge, mesurant 3,4 femtosecondes, soit 3,4 x 10^-15 secondes.

Après sa thèse, elle s’est orientée vers l’acousto-optique, une discipline qui étudie les interactions entre la lumière et le son. Elle a rejoint l’Institut Langevin grâce à un financement postdoctoral, où elle a approfondi ses connaissances en imagerie acoustique. En 2018, elle a été recrutée par le CNRS pour développer des méthodes combinant optique et acoustique, ciblant la détection de petites tumeurs en profondeur dans les tissus.

Maïmouna Bocoum souligne que la lumière est limitée par la diffusion, tandis que les ultrasons se propagent de manière balistique mais ne détectent que les interfaces. En utilisant des ultrasons pour moduler la phase d’une onde lumineuse traversant les tissus, elle parvient à reconstruire des images optiques avec une résolution accrue.

Pour la détection, elle utilise l’holographie digitale, une méthode interférométrique peu coûteuse, tout en développant de nouvelles sources laser plus puissantes et des algorithmes de traitement d’images en quasi temps réel. Elle travaille actuellement sur un préprototype de dispositif d’imagerie au laboratoire, avec l’objectif de proposer une alternative aux biopsies pour la détection des tumeurs du sein.

Maïmouna Bocoum aborde également le sujet de l’auto-censure chez les femmes scientifiques, soulignant que sa reconnaissance lui donne plus de confiance pour envisager d’autres distinctions. Elle participe activement à des initiatives pour encourager les jeunes dans les sciences, notamment en siégeant au jury des Olympiades de physique.

Source : Le Journal CNRS

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