Macron et Tebboune tentent de désamorcer les tensions entre Paris et Alger

Macron et Tebboune tentent de désamorcer les tensions entre Paris et Alger

Le président français Emmanuel Macron et le président algérien Abdelmadjid Tebboune ont annoncé lundi avoir eu une conversation téléphonique constructive, visant à apaiser les tensions diplomatiques qui existent entre leurs deux pays. Dans un communiqué conjoint, ils ont indiqué avoir eu un échange « franc et amical » sur l’état des relations bilatérales, ainsi que sur les tensions qui se sont intensifiées ces derniers mois.

L’Algérie a récemment refusé de réadmettre des ressortissants « sous OQTF » (Obligation de Quitter le Territoire Français) que les autorités françaises ont ordonné de quitter en raison de leurs activités criminelles ou d’une menace perçue pour l’ordre public. Cette impasse a été exacerbée par l’emprisonnement de l’écrivain dissident franco-algérien Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison pour avoir prétendument porté atteinte à l’intégrité territoriale de l’Algérie. Dans sa déclaration, Emmanuel Macron a exprimé sa « confiance dans la clairvoyance du président Tebboune » et a appelé à un « geste de clémence et d’humanité » envers Sansal, prenant en compte son âge et son état de santé.

Bien que les tensions diplomatiques aient pris de l’ampleur cette année, elles ont commencé à se cristalliser en juillet dernier, lorsque la France a soutenu la revendication du Maroc sur le territoire contesté du Sahara occidental. Cette position a provoqué l’indignation d’Alger, qui soutient le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, entraînant le rappel de son ambassadeur à Paris.

Le mois dernier, la situation s’est encore détériorée lorsque l’Algérie a refusé de réadmettre une soixantaine de ses ressortissants expulsables, ce qui a conduit le ministre de l’Intérieur français, Bruno Retailleau, à accuser l’Algérie de « violer le droit international ». Des responsables français ont commencé à remettre en question certains des accords historiques signés avec l’Algérie, notamment un pacte migratoire de 1968.

De plus, lors de sa réélection en septembre, Tebboune a annoncé qu’il ne se rendrait pas en France, après avoir reporté à plusieurs reprises une visite d’État. Une directive du ministère algérien des Affaires étrangères a également interdit tout déplacement à caractère touristique ou personnel vers la France pour les diplomates et leurs familles.

Depuis l’arrivée de Tebboune au pouvoir, la répression de la liberté d’expression s’est intensifiée en Algérie, avec l’emprisonnement de journalistes et de militants pro-démocratie.

Sources : Euronews, Le Monde.

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