
Réseaux sociaux : comment l’Union européenne veut mieux protéger les mineurs ?
L’Union européenne renforce les mesures de protection des mineurs sur les réseaux sociaux, suite à des préoccupations croissantes concernant leur santé mentale et les risques de cyberharcèlement. Selon l’Eurobaromètre 2025, 93 % des citoyens de l’UE s’inquiètent pour la santé mentale des enfants, tandis que 92 % citent le cyberharcèlement comme la principale menace en ligne.
Bruxelles a durci sa position en annonçant le développement d’une application de vérification de l’âge, qui sera bientôt mise à la disposition des citoyens. Ce dispositif exigera des utilisateurs qu’ils prouvent leur âge pour accéder aux plateformes en ligne, sans nécessité de partager des données personnelles.
Certains États membres, comme la France, ont déjà pris des mesures concrètes, en adoptant une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. D’autres pays, tels que l’Espagne, l’Autriche, la Grèce, l’Irlande, le Danemark et les Pays-Bas, prévoient d’introduire des règles similaires.
Les réseaux sociaux, devenus omniprésents, sont considérés comme risqués pour les enfants, en raison de leurs mécanismes addictifs et de la personnalisation des contenus. En 2022, 96 % des jeunes de 15 ans étaient actifs sur ces plateformes, et 37 % y passaient plus de trois heures par jour. Les adolescentes sont particulièrement touchées, avec 42 % d’entre elles utilisant davantage les réseaux sociaux que les garçons (32 %).
La santé mentale des jeunes est également préoccupante. Une étude du Centre commun de recherche (JRC) révèle que 60 % des jeunes filles présentent des symptômes dépressifs, contre 35 % des garçons, et 65 % souffrent d’anxiété, contre 41 % des garçons.
Les interdictions de réseaux sociaux pour les mineurs relèvent de la compétence nationale. Par exemple, le Premier ministre grec a récemment annoncé une interdiction pour les moins de 15 ans, motivée par des données indiquant que 75 % des élèves de l’école primaire en Grèce étaient actifs sur ces plateformes.
L’application de vérification de l’âge, conçue pour être intégrée dans des portefeuilles numériques, suscite des inquiétudes concernant la vie privée et la possibilité de contournement. Elle pourrait également transférer une partie de la responsabilité des plateformes vers les utilisateurs.
Les entreprises doivent se préparer à des coûts de conformité croissants pour renforcer leurs systèmes de vérification d’âge et de consentement parental, ce qui pourrait affecter leurs revenus publicitaires en réduisant le nombre de jeunes utilisateurs.
La Commission européenne, tout en agissant, est critiquée pour son manque de rapidité. L’eurodéputée Christel Schaldemose a exprimé des craintes concernant un marché intérieur fragmenté si des mesures ne sont pas mises en œuvre rapidement.
Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de régulations visant à protéger les mineurs en ligne, incluant des propositions de comptes privés par défaut pour les jeunes et des limitations sur les fonctionnalités addictives des plateformes.
Source : Eurobaromètre 2025, Centre commun de recherche (JRC).





