
Vrai ou faux : « Un tiers des médecins marocains viennent en France » ?
Relancé récemment par Emmanuel Macron, qui a évoqué la place des médecins étrangers dans notre système de santé, le sujet s’invite à nouveau dans le débat politique. Les données disponibles montrent que les praticiens diplômés à l’étranger hors pays de l’UE exerçant en France viennent surtout d’Algérie, loin devant les autres nationalités.
Le député RN du Loiret, Thomas Ménagé, a affirmé le 29 avril sur Franceinfo qu’« il y a un tiers des médecins marocains qui viennent en France ». Cette affirmation est inexacte. Le chiffre d’un tiers ne concerne pas uniquement les départs vers la France, mais englobe l’ensemble des médecins marocains qui partent exercer dans des pays étrangers, toutes destinations confondues.
Selon une étude de la Fondation des enseignants médecins libéraux marocains, le Maroc perd chaque année entre 600 et 700 médecins, ce qui représente environ 30 % des médecins formés dans le pays. Ce chiffre inclut les étudiants en médecine, les médecins généralistes, les spécialistes et les professeurs. Toutefois, il n’existe pas de données précises sur le nombre de médecins marocains qui s’installent spécifiquement en France.
En revanche, des chiffres concernant la nationalité des médecins exerçant en France avec un diplôme obtenu hors Union européenne sont disponibles. En 2026, selon l’Ordre des médecins, il y a un peu plus de 19 000 médecins étrangers, représentant environ 8 % de l’ensemble des praticiens. Parmi eux, 36 % ont obtenu leur diplôme en Algérie, 15 % en Tunisie, 7 % en Syrie et seulement 6,5 % au Maroc. Ainsi, les médecins marocains constituent une part minoritaire des praticiens étrangers installés en France.
Ces départs de médecins suscitent des inquiétudes au sein des pays concernés, notamment au Maroc. D’après l’Organisation mondiale de la santé, le pays compte huit médecins pour 10 000 habitants, tandis que la France en compte 40. Cette disparité soulève des questions sur la disponibilité des soins et l’accès à la santé dans les régions sous-dotées.
Sources :
- Fondation des enseignants médecins libéraux marocains
- Ordre des médecins (2026)
- Organisation mondiale de la santé




