Loyers à Paris : la moitié des locataires du privé consacre plus de 34 % de ses revenus au logement, selon l’Insee

Loyers à Paris : La moitié des locataires du privé consacre plus de 34 % de ses revenus au logement

La situation des locataires du parc privé à Paris est préoccupante. Selon des études de l’Insee et de l’Institut Paris Région (IPR) publiées le 7 mai, près de la moitié des locataires consacrent plus de 34 % de leurs ressources à leur loyer. Ce taux d’effort est considéré comme excessif lorsqu’il dépasse 35 % ou 40 %, selon les modèles d’analyse.

Les femmes seules sont particulièrement affectées, avec une sur deux allouant au moins 42 % de leurs revenus au paiement de leur loyer. Pour les familles monoparentales, ce chiffre est de 39 %, tandis qu’il est de 38 % pour les hommes seuls. Les jeunes locataires de moins de 30 ans sont également touchés, avec un sur deux dépensant la moitié de ses ressources en loyer.

Ces données ne prennent pas en compte les aides au logement. À l’échelle nationale, le taux d’effort des locataires du parc privé était de 26,5 % en 2020, aides comprises.

Environ 17 % des locataires parisiens bénéficient d’aides au logement. Parmi eux, 80 % dépensent plus d’un tiers de leurs revenus en logement, alors que ce chiffre est d’un peu plus d’un tiers pour les ménages qui ne reçoivent pas d’aides.

La hausse des loyers parisiens est principalement due à l’augmentation des prix de l’immobilier et à une offre qui demeure insuffisante pour répondre à la demande. D’après l’IPR, le nombre de logements privés à louer à Paris a diminué de 3 % entre 2006 et 2022, soit une perte de 16 208 logements.

Par ailleurs, l’IPR note une augmentation de 15 % de l’offre locative privée en Île-de-France sur la même période, en particulier dans la grande couronne, où elle a crû de 42 %.

Emmanuel Trouillard, chargé d’études sur l’habitat à l’IPR, souligne qu’il existe un problème dans l’hypercentre parisien, mais précise que, de manière plus globale, le parc locatif privé n’est pas en si mauvais état.

L’augmentation des logements vacants et secondaires, atteignant 11,2 % en 2022, pose également question. Cette situation pourrait être liée à la dégradation de la rentabilité locative, exacerbée par le décalage entre l’augmentation des prix immobiliers et celle des loyers.

Pour préserver leur rentabilité, certains investisseurs se tournent vers d’autres zones de l’Ile-de-France, où l’offre locative continue de croître.

Source : Insee, Institut Paris Région

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