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En Outre-mer, un phénomène social autour de l’espoir de gagner au Loto
Le 19 mai 1976, le premier tirage du Loto français a eu lieu, initialement concentré en région parisienne avec seulement 40 valideuses. Les Outre-mer ont dû attendre jusqu’en janvier 1978 pour voir les premières machines apparaître, d’abord à Fort-de-France, puis dans les autres communes de Martinique, suivi par la Guadeloupe et la Guyane. L’engouement pour le jeu a vraiment pris son essor à partir des années 80-90 et s’est amplifié au cours des quinze dernières années, selon le sociologue Moïse Udino. Aujourd’hui, les points de vente de la Française des Jeux (FDJ), tels que les stations-service et les bars, sont devenus des lieux de vie et d’échanges.
En sociologie, le Loto est considéré comme un « fait social total », un phénomène qui traverse toutes les dimensions de la vie collective. Il incarne une culture de l’oralité et du partage, où les joueurs ne viennent pas seulement acheter une grille, mais aussi échanger et espérer ensemble. La crise du Covid-19 a renforcé ce besoin en rendant ces lieux de jeu essentiels pour le lien social. Udino souligne que les gens ont besoin de se retrouver et de recréer du lien.
Le sociologue note également une dimension d’espoir social, liée à un besoin d’amélioration des conditions de vie sur les plans économique, psychologique et spirituel. « Ça nourrit cet espoir, comme une bête affamée », déclare Udino, soulignant que l’annonce d’un gagnant ravive l’espoir collectif.
La communication de la FDJ, fondée sur l’idée d’une nouvelle vie, a permis de maintenir l’engouement pour le Loto. Les campagnes de la FDJ renforcent l’idée que chacun peut se mettre à la place du gagnant, ce qui trouve un écho particulièrement fort en Outre-mer. Cependant, la numérisation du jeu introduit une nouvelle fragilité, car le jeu en ligne se pratique souvent seul, sans les régulations sociales habituelles.
Les inégalités d’accès au numérique aggravent cette situation dans les territoires ultramarins, créant une fracture supplémentaire.
Source : La 1ère




