L’ONU ajuste ses critères de famine à Gaza : la compassion a-t-elle un prix ?
Le fait principal
Le 22 août 2025, l’ONU a officiellement déclaré une famine dans le gouvernorat de Gaza, une annonce qui a rapidement été contestée par des responsables israéliens affirmant que les critères de l’organisation avaient été abaissés pour favoriser le Hamas.
Ce qui s’est passé
Peu après la déclaration de l’ONU, Oren Marmorstein, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, a accusé l’IPC (Integrated Food Security Phase Classification) d’avoir publié un rapport « sur me ». Selon lui, le seuil de malnutrition aiguë pour les enfants de moins de 5 ans aurait été réduit de 30 % à 15 %. De plus, il a soutenu que le critère de mortalité avait été « totalement ignoré ». Ces accusations ont été reprises par le ministère israélien des Affaires étrangères et l’ambassade d’Israël en France.
Le contexte
Pour comprendre cette polémique, il est essentiel de connaître l’IPC, qui est utilisé par l’ONU et plusieurs ONG pour évaluer les crises alimentaires. Il établit une classification en cinq niveaux, allant de la sécurité alimentaire minimale à la famine. Deux méthodes de me de la malnutrition aiguë coexistent : la méthode poids/taille, qui fixe le seuil de famine à 30 %, et la méthode MUAC (périmètre brachial), qui le fixe à 15 %. Les autorités israéliennes semblent avoir confondu ces deux méthodes, alimentant ainsi la controverse.
Les chiffres à retenir
- 30 % : seuil de malnutrition aiguë selon la méthode poids/taille.
- 15 % : seuil de malnutrition aiguë selon la méthode MUAC.
- 89 décès liés à la malnutrition dans les sept premiers mois de 2025, suivis de 138 décès supplémentaires en août.
- Plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë d’ici fin septembre 2025.
Ce que cela révèle
La situation à Gaza est alarmante, et la déclaration de famine par l’ONU n’est pas qu’une simple formalité. Elle révèle une réalité tragique, aggravée par un contexte de conflit et de blocus. Les critiques israéliennes semblent davantage motivées par des considérations politiques que par une volonté de vérité. En effet, la méthode MUAC, bien que moins connue, est reconnue pour sa rapidité et son efficacité dans des situations d’urgence. Le double discours sur les critères de famine pourrait bien masquer une incapacité à reconnaître l’ampleur de la crise humanitaire à Gaza.
Ce qu’il faut retenir
La famine à Gaza, déclarée par l’ONU, met en lumière une crise humanitaire sans précédent, exacerbée par des tensions politiques. Les accusations israéliennes sur la manipulation des critères de famine ne cachent qu’une réalité tragique : des millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë, tandis que la communauté internationale peine à répondre à l’urgence.
Sources : ONU, IPC, Observateurs de France 24.
