
Stupeur à Septfonds : l’entreprise de réinsertion professionnelle licencie ses vingt-trois salariés au bout de deux ans
À Septfonds, en Tarn-et-Garonne, Quercy Interventions Services (QIS) a organisé, ce lundi 27 avril 2026, des entretiens préalables au licenciement de 23 salariés, qui étaient en poste depuis seulement deux ans. L’objectif de cette entreprise à but d’emploi (EBE) était la réinsertion professionnelle.
Ce lundi, l’incompréhension règne à Septfonds. Les 23 salariés de QIS ont été convoqués pour des entretiens préalables à leur licenciement. Lors d’une assemblée générale extraordinaire, le 2 mars, la cessation d’activité et la dissolution de l’association ont été votées à l’unanimité. Le 15 avril, le tribunal de Montauban a été sollicité pour une demande de liquidation judiciaire, sans passer par l’étape du redressement.
Lancée en 2023 et opérationnelle depuis 2024, QIS a été créée dans le cadre de l’expérimentation gouvernementale « Territoire zéro chômeurs », soutenue par le pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) Midi-Quercy. Cette initiative visait à permettre à des personnes éloignées de l’emploi de renouer avec le monde du travail par le biais de missions (bricolage, jardinage, menuiserie) auprès de collectivités et de particuliers. Deux ans après sa création, l’ensemble des salariés se retrouve sans emploi.
Les délégués de la CGT se questionnent : « C’est le comité local de l’emploi (CLE) qui pilote les subventions allouées par l’État, la Région, le Département et même l’Europe. Cet argent suffisait à payer les salaires, alors pourquoi cette association s’auto-liquide-t-elle ? Où est passé tout cet argent public ? »
La mairie évoque une « gestion un peu opaque ». Actuellement, le montant de la dette accumulée par QIS reste inconnu. Un ancien salarié déplore l’absence de direction commerciale et l’inefficacité de la gouvernance : « On prenait du matériel de chez nous, c’est de l’incompétence sur toute la ligne. »
Les maires de Septfonds, Michel Ronchi, et sa première adjointe, Carole Cavaillé, soulignent l’impact dévastateur de cette situation sur une population déjà en difficulté. Prochaine étape : l’audience du 5 mai au tribunal de Montauban, où un rassemblement est prévu.
Le préfet de Tarn-et-Garonne, Vincent Roberti, a déclaré que le modèle économique de QIS n’était plus soutenable, malgré les 2 millions d’euros de subventions mobilisées depuis sa création. Il a indiqué que l’État avait investi 1 million d’euros comme aide au démarrage, mais que l’équilibre financier n’avait pas été atteint.
Source : La Dépêche



