
Des élèves français dialoguent avec l’astronaute Sophie Adenot dans l’espace
Lundi 20 avril, des élèves de l’université de Bordeaux ont établi un contact radio avec l’astronaute française Sophie Adenot, actuellement à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Cette interaction a permis aux étudiants de poser des questions à l’astronaute, dans le but de les sensibiliser aux carrières scientifiques et aux métiers du spatial.
Dans un amphithéâtre rempli d’élèves, l’atmosphère était tendue. Un responsable a annoncé : « Normalement, nous devrions parler avec la station d’ici trois minutes. À partir de maintenant, silence total, on écoute les opérateurs. » Cinq étudiants, en mode salle de contrôle, ont tenté d’établir le contact. Après plusieurs essais, une voix féminine a confirmé la connexion. Tao, un étudiant de 22 ans, a exprimé son enthousiasme : « C’est fantastique Sophie, on vous entend parfaitement au sol ! Voici les questions ! »
L’échange a duré dix minutes, coïncidant avec le passage de l’ISS au-dessus de la France. Les élèves, allant de la primaire à la terminale, se sont relayés au micro. Aïda, une jeune élève, a interrogé Sophie Adenot sur sa carrière : « Pourquoi as-tu décidé de faire ce métier ? » L’astronaute a répondu : « Bonjour Aïda, j’ai décidé de faire ce métier parce que j’avais envie de voyager et de travailler avec des gens qui parlent toutes les langues. »
Les questions variaient, certaines étant plus techniques, comme celle de Diane sur le fonctionnement d’un stylo-bille en microgravité. Sophie Adenot a expliqué que des stylos spécialement conçus étaient utilisés dans l’ISS.
Au fur et à mesure que l’ISS s’éloignait, le signal s’est brouillé, mais les remerciements des enseignants ont résonné dans l’amphithéâtre. L’astronaute, visiblement émue, a conclu l’échange en formant un cœur avec ses mains.
L’événement vise à inciter les jeunes vers les carrières scientifiques, particulièrement chez les filles. Nathalie, l’enseignante, a souligné l’importance de promouvoir la gente féminine dans les sciences. De plus, Kylian, un étudiant ayant contribué à la construction de l’émetteur, a précisé que son équipe avait travaillé pendant neuf mois sur ce projet, suivant des tests d’accréditation.
Selon Timothée Lévi, directeur du département génie électrique à l’université de Bordeaux, le secteur technique et scientifique souffre d’un manque d’étudiants malgré une demande croissante. En effet, l’industrie française représente 40 % des emplois du secteur spatial en Europe.
Attirer les jeunes vers ces métiers est crucial pour la souveraineté technologique française, comme l’affirme Laura André Boyer, formatrice d’astronautes à l’Agence spatiale européenne. Elle insiste sur la nécessité d’une formation diversifiée pour maintenir l’expertise française dans le domaine spatial, surtout face à une concurrence croissante.
Source : RFI



