
Crise viticole en Gironde : trouver les moyens de relancer la machine
La situation économique des viticulteurs girondins se dégrade, comme l’atteste le bilan financier 2025. Les ventes de vin continuent de diminuer pour la quatrième année consécutive, entraînant une baisse des cotisations des opérateurs, qui s’élèvent à 18,2 millions d’euros. En ajoutant les subventions européennes de 5,2 millions d’euros et d’autres ressources, les recettes totales atteignent 24,1 millions d’euros, soit une diminution de 2,6 millions par rapport à l’année précédente. Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), qui emploie 45 personnes, doit donc relever le défi de « faire plus avec moins ».
De plus en plus de producteurs éprouvent des difficultés à régler leurs cotisations. Les dépenses liées à la promotion, communication, technique et économique se chiffrent à 23,4 millions d’euros. Le budget 2025 affiche un excédent de 640 000 euros, destiné à reconstituer les réserves utilisées pour financer un vaste plan d’arrachage de vignes. En conséquence, le CIVB a provisionné 840 000 euros en créances douteuses, le double de l’exercice précédent. Pour 2026, avec un vignoble qui continuera de perdre des surfaces en raison d’un troisième plan d’arrachage, les rentrées financières du CIVB devraient encore diminuer.
Convaincre restaurateurs et cavistes
Florence Bossard, directrice marketing du CIVB, a souligné que des actions de promotion et de communication sont menées tant en France qu’à l’international. Ces initiatives comprennent des participations à des salons, des campagnes publicitaires et des événements locaux, dans l’espoir de renforcer la vente des vins girondins.
Un baromètre présenté lors de l’assemblée indique que les consommateurs français apprécient davantage les Bordeaux que ceux qui les commercialisent, comme les restaurateurs et cavistes. Il est donc crucial de mieux cibler ces prescripteurs, souvent réticents à promouvoir les vins de la région, pour relancer les ventes.
Parallèlement, la déléguée générale de Vin & Société, Krystel Lepresle, a évoqué la « bataille idéologique contre l’alcool » menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui véhicule l’idée que même une consommation modérée peut être nocive. Cela pose un défi supplémentaire pour les acteurs du secteur viticole, qui doivent défendre les bienfaits d’une consommation responsable de vin.
Source : Sud Ouest



