
Pourquoi les baskets de nos enfants inquiètent de plus en plus les podologues
Si 85 % des enfants portent des baskets tous les jours, ce choix esthétique et pratique n’est pas sans risque pour leur croissance. Entre mauvaises postures et chutes répétées, les spécialistes profitent de la Journée nationale de la santé du pied pour nous aider à mieux chausser nos petites têtes blondes.
Le matin, c’est souvent le même refrain : on cherche la paire la plus rapide à enfiler pour ne pas rater l’ouverture des grilles de l’école. Les baskets sont devenues l’uniforme par défaut de la petite enfance, séduisant les parents par leur robustesse et les enfants par leur look calqué sur celui des grands.
Cependant, ce qui semble être un choix de bon sens cache une réalité physiologique plus complexe. Le pied d’un enfant n’est pas un bloc d’os déjà soudé, c’est une structure malléable, un véritable chantier haute précision qui conditionne l’équilibre de tout le corps pour les décennies à venir. Aujourd’hui, les chiffres de l’Observatoire national de la santé du pied sont sans appel. Bien que nos enfants n’aient jamais été aussi « stylés », seuls 15 % d’entre eux consultent un professionnel pour vérifier que leur croissance se passe sans encombre.
La basket n’est pas toujours l’alliée de la croissance
On l’oublie souvent, mais le pied de l’enfant est d’une vulnérabilité totale face aux contraintes extérieures. En pleine construction, il a besoin d’espace et de sensations pour se développer correctement. Lorsqu’un enfant passe dix heures par jour dans des baskets trop rigides ou trop étroites à l’avant, il entrave le déploiement naturel de ses orteils.
Cette compression, même légère, peut modifier la perception du sol et perturber l’apprentissage de la marche ou de la course. Les podologues s’inquiètent de voir des modèles de sport intensif portés par des petits qui ont surtout besoin de souplesse. Pour que le pied grandisse bien, il lui faut une chaussure qui se fait oublier, avec une semelle plate et assez de largeur pour que les doigts de pied puissent jouer leur rôle de stabilisateurs.
La maladresse est un signal à prendre au sérieux
On a tendance à sourire devant les genoux écorchés en se disant que c’est le métier qui rentre. Pourtant, un enfant qui tombe très fréquemment alors que la marche est censée être acquise n’est pas forcément « distrait » ou « maladroit » par nature. Ces chutes à répétition sont parfois le signe d’un déséquilibre des appuis ou d’une chaussure qui ne permet pas une bonne réception au sol.
D’autres indices peuvent nous alerter sans attendre la douleur. Des pieds qui rentrent vers l’intérieur, des genoux qui se frôlent de manière asymétrique ou une usure très prononcée sur un seul côté de la semelle sont des messages envoyés par le corps. Même une fatigue inhabituelle après une petite promenade peut indiquer que la mécanique du pied force plus que nécessaire pour compenser un mauvais chaussage.
Le dépistage précoce évite les douleurs de l’âge adulte
La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que le corps des enfants possède une capacité de récupération impressionnante. Selon l’étude PodoScore de 2024, près de 75 % des petits voient leurs troubles posturaux s’améliorer de façon spectaculaire après une prise en charge adaptée. Parfois, il suffit d’un simple conseil sur le choix des modèles en magasin ou du port de semelles spécifiques pour remettre tout le monde sur le bon chemin.
C’est tout l’enjeu de la Journée nationale de la santé du pied qui se déroulera le 10 juin 2026. Des bilans gratuits et des téléconsultations seront organisés partout en France pour permettre aux parents de faire le point sans pression. Prendre quelques minutes pour observer la marche de son enfant aujourd’hui, c’est lui offrir la garantie d’un dos et de jambes solides pour sa vie d’adulte.
Source : Observatoire national de la santé du pied.



