Les eurodéputés macronistes et de gauche, champions de la hausse des carburants ? Ironie en vue !
Le fait principal
Marine Le Pen et Jordan Bardella, figures de proue du Rassemblement national, accusent les eurodéputés de gauche et macronistes d’avoir voté pour une hausse de 15 centimes du prix des carburants à la pompe. Pourtant, cette accusation repose sur une révision du marché européen de quotas carbone adoptée en avril 2023, et non sur un vote récent.
Ce qui s’est passé
Le 15 septembre 2026, Bardella a dénoncé sur X (anciennement Twitter) ce qu’il appelle une attaque contre « la France du travail ». Selon lui, les députés européens de gauche et macronistes auraient voté pour l’ETS2, un mécanisme qui, d’après lui, entraînera une hausse des prix à la pompe dès 2028. Marine Le Pen a abondé dans son sens, qualifiant cette décision d’inacceptable dans un contexte de crise du pouvoir d’achat. Cependant, il s’agit d’une révision votée en 2023, et non d’une décision récente.
Le contexte
Le marché européen des quotas carbone, instauré en 2005, a pour but de réduire les émissions de CO2. La révision actuelle, qui s’élargit aux carburants et au secteur du bâtiment, a été adoptée en avril 2023. Les eurodéputés de gauche n’ont pas soutenu cette réforme : les socialistes se sont abstenus, tandis que les écologistes et les membres de la France insoumise ont voté contre. En revanche, les eurodéputés macronistes ont majoritairement voté en faveur.
Les chiffres à retenir
– : 18 avril 2023.- : 1er janvier 2028.- : +15 centimes par litre d’essence, +17 centimes pour le diesel, selon la Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGTIM).
Ce que cela révèle
Cette polémique, portée par le RN, semble davantage relever de la manipulation politique que de la réalité. En accusant la gauche et les macronistes d’une décision qu’ils n’ont pas prise récemment, Le Pen et Bardella cherchent à détourner l’attention des véritables enjeux économiques auxquels font face les Français. Leur discours, à la croisée de l’hypocrisie et de la désinformation, démontre une volonté de capitaliser sur la crise des prix du carburant tout en occultant leurs propres positions contre la transition écologique.
Ce qu’il faut retenir
Les accusations du RN à l’encontre des eurodéputés de gauche et macronistes sont non seulement infondées mais également opportunistes. En jouant sur la peur des hausses de prix, Le Pen et Bardella se positionnent en défenseurs des consommateurs, tout en ayant voté contre les mes qui pourraient réellement protéger le pouvoir d’achat. La réalité, comme souvent, est plus complexe que le discours simpliste qu’ils proposent.
Sources : Parlement européen, Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGTIM).
