
Les dossiers d’Epstein montrent-ils qu’il travaillait pour la Russie ou une autre agence de renseignement ?
Les récentes révélations concernant Jeffrey Epstein ont soulevé des interrogations sur ses liens avec le monde du renseignement, notamment avec la CIA, le Mossad et le Kremlin. À la suite de la publication de nouveaux documents, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a annoncé l’ouverture d’une enquête approfondie sur Epstein, en se concentrant sur ses éventuels liens avec les services de renseignement russes.
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Les dossiers révèlent que Jeffrey Epstein a eu des contacts avec des personnalités russes de haut rang, dont certaines sont liées aux services de renseignement. Il a également tenté d’organiser une rencontre avec le président Vladimir Poutine, mais aucune preuve directe n’indique qu’il travaillait pour un gouvernement étranger. Les méthodes qu’il a utilisées, comme l’installation de caméras pour filmer des personnes dans des situations compromettantes, ressemblent à celles des services de renseignement russes, alimentant des théories selon lesquelles il aurait recueilli des informations sur des individus influents afin de les faire chanter, un phénomène connu sous le terme de « kompromat ».
Les courriels de la Russie
Les documents montrent qu’Epstein a cherché à établir des relations avec des figures influentes en Russie, notamment Sergei Belyakov, ancien vice-ministre de l’Économie et diplômé de l’Académie du FSB. En 2014, Belyakov est devenu président du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, un événement décrit par le journaliste Craig Unger comme le « Davos russe ». Bien qu’il y ait peu de preuves de la présence d’Epstein à cet événement, des courriels de 2015 révèlent qu’il était en contact avec l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, qui discutait de ses rencontres avec des officiels russes.
Epstein a également sollicité Belyakov pour obtenir des informations sur une femme russe tentant de faire chanter un homme d’affaires américain. Les échanges de courriels montrent que Belyakov a fourni des détails sur cette femme, tandis qu’Epstein a mentionné avoir consulté « quelques amis du FSB » concernant la situation.
À la poursuite de Poutine
Les dossiers indiquent qu’Epstein a tenté à plusieurs reprises de contacter le gouvernement russe et Vladimir Poutine, dont le nom apparaît plus de 1 000 fois dans les documents. En mai 2013, Epstein a informé Barak que Thorbjørn Jagland, ancien Premier ministre norvégien, allait rencontrer Poutine. Bien qu’Epstein ait déclaré ne jamais avoir rencontré Poutine, il a été en contact avec Jagland pour discuter de la structuration d’accords favorisant les investissements occidentaux en Russie.
Un atout, pas un espion
Bien qu’il n’existe pas de preuves que Jeffrey Epstein ait été un espion, certains experts estiment qu’il aurait pu être un atout pour des services de renseignement. Craig Unger a précisé qu’Epstein avait des liens avec les services de renseignement russes et israéliens, mais qu’il agissait principalement pour son propre bénéfice. Des spéculations sur ses liens avec le Mossad ont été renforcées par un mémo du FBI de 2020, qui évoquait un agent du Mossad coopté.
Les affirmations contradictoires des législateurs américains sur Epstein continuent d’alimenter le débat, certains suggérant qu’il aurait des liens avec les services de renseignement américains et israéliens, tandis que d’autres soutiennent le contraire.
Ces révélations mettent en lumière un réseau complexe de relations entre Epstein et des figures influentes, laissant planer des doutes sur la nature de ses activités et ses véritables intentions.
Source : Euronews



