Les Divas du Jazz, un festival pas vraiment féminin – Actu44.fr

La Communauté de Communes Châteaubriant-Derval a déclaré sur son site officiel que les Divas du Jazz seraient « le premier festival français consacré aux voix féminines du jazz ». Cette affirmation, reprise dans divers supports de communication, est incorrecte à plusieurs niveaux.

Faux d’abord historiquement

Le Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés, initié en 2001 à Paris par l’association L’Esprit Jazz, propose depuis ses débuts une série intitulée « Jazz au Féminin », qui est devenue une tradition. Cette initiative a lieu vingt et un ans avant la première édition castelbriantaise de 2022. Au Grès du Jazz, à La Petite-Pierre en Alsace, affiche depuis plusieurs années une programmation majoritairement féminine. Le festival Femmes du monde, à Brioude en Haute-Loire, a tenu sa première édition en octobre 2025 avec une programmation 100 % féminine. De plus, le camp WIZZ, entièrement dédié aux musiciennes, est porté par Jazz sous les pommiers à Coutances et Les Gémeaux, scène nationale de Sceaux, sur l’initiative de la batteuse Anne Paceo, et n’accueille que des femmes.

La seconde inexactitude se trouve dans les documents officiels de la manifestation elle-même.

Ce n’est pas un festival de voix féminines

En examinant la programmation 2026 publiée par la communauté de communes de Châteaubriant-Derval, on note que sur quinze concerts annoncés sur trois jours, les formations incluent : Thomas Mayeras Organ Trio, avec Thomas Mayeras à l’orgue Hammond, Gwen Cahue à la guitare, et Alban Mourgues à la batterie, soit trois hommes. Le Sébastien Chauveau Jazz Trio et le Blue Note Quintet comptent également uniquement des hommes. Des formations comme Mister Clarinet et The Crescent Jazz Trio sont composées uniquement d’hommes. Le Westompers Jazz Band, quant à lui, est à dominante masculine, et la jam session Friday Night est ouverte à tous les musiciens.

Les voix féminines programmées sont au nombre de quatre : Kristel Adams, Leslie Lewis, Jody Sternberg, et Mélodie Cambou, représentant 27 % de la programmation. La majorité des groupes sont des trios et quintets masculins qui accompagnent quelques chanteuses invitées.

Cette programmation est conforme aux normes habituelles du jazz, où des chanteuses se produisent souvent avec des musiciens masculins dans les groupes d’accompagnement, une pratique établie depuis un siècle. Il n’y a rien de répréhensible dans ce choix, mais cela ne justifie pas la revendication d’une spécificité féminine inédite en France.

Le nom Divas du Jazz est un habillage

Les faits et chiffres contredisent l’affirmation de la manifestation. La prétention d’avoir créé un événement unique en France, alors que d’autres régions comme Paris, l’Alsace, l’Auvergne et la Normandie ont déjà mis en place des initiatives similaires, soulève des questions sur la rigueur de la conception de cet événement et sur la capacité de la collectivité à en vérifier les fondements.

La semaine prochaine, une enquête se penchera sur les véritables créateurs des Divas du Jazz et les motivations derrière cet événement.

Visuel de Une : Gribouillage, encre, crayon © Actu44

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