RDC : L’opposition fait cause commune contre le changement de Constitution
L’opposition congolaise vient de s’unir autour de la plateforme « Coalition 64 » pour faire barrage à un possible maintien au pouvoir de Félix Tshisekedi après la fin de son dernier mandat. Reste à savoir si cette fragile union réussira à mobiliser les Congolais.
« Il n’y aura pas de troisième mandat pour Félix Tshisekedi, ni glissement, ni changement de Constitution ». Les revendications de la nouvelle plateforme d’opposition « Coalition Article 64 » (C64), lancée ce mardi à Kinshasa, sont claires. Les leaders de l’opposition, Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, ont mis en garde contre le risque de report des élections en raison de la guerre à l’Est du pays. Ils affirment que « Félix Tshisekedi est à son second et dernier mandat. Aucune circonstance, qu’elle soit sécuritaire, sanitaire ou diplomatique, ne servira de prétexte au glissement du mandat présidentiel ».
Table des matières
- L’opposition congolaise vient de s’unir autour de la plateforme « Coalition 64 » pour faire barrage à un possible maintien au pouvoir de Félix Tshisekedi après la fin de son dernier mandat. Reste à savoir si cette fragile union réussira à mobiliser les Congolais.
- Faire appel à la rue
- Kabila, le radioactif
- La répression s’accentue sur les voix critiques
- Que pèse l’opposition ?
- Tenir la distance
Leurs critiques visent également les tentatives du parti présidentiel de modifier la Constitution pour permettre un nouveau mandat à Félix Tshisekedi. Ils considèrent « toute tentative de changer de Constitution, par quelque mécanisme que ce soit, comme un renversement de l’ordre constitutionnel ». Le projet de référendum visant à « faire sauter les verrous constitutionnels » sur le nombre et la durée des mandats présidentiels est également dans le collimateur de l’opposition, qui le qualifie de « déclaration de guerre ».
Faire appel à la rue
Pour contrer ce qui semble être une volonté du président Tshisekedi de contourner les limites de mandats, la Coalition 64 mise sur l’article 64 de la Constitution. Cet article stipule que « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ». Bien que cet article indique aussi que « toute tentative de renversement du régime (…) est punie conformément à la loi », il représente une base sur laquelle l’opposition espère mobiliser le peuple.
Le parti présidentiel détient une majorité écrasante à l’Assemblée nationale et au Sénat, ce qui lui permettrait de valider des modifications constitutionnelles. Les voix discordantes, telles que celles de Vital Kamerhe et Modeste Bahati, ont été rapidement écartées.
Kabila, le radioactif
Trois figures de l’opposition étaient absentes lors du lancement de la Coalition 64 : Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Joseph Kabila. Katumbi, en exil politique, a été représenté par un membre de son parti. Matata Ponyo est en exil judiciaire, tandis que Kabila, sous sanctions des États-Unis et condamné à mort par la justice congolaise, n’a pas été mentionné dans le communiqué final de la Coalition, qui inclut d’autres partis politiques et mouvements de la société civile.
La répression s’accentue sur les voix critiques
La Coalition 64, bien que variée, doit prouver sa capacité à mobiliser les Congolais. Jusqu’à présent, les débats sur la modification de la Constitution n’ont pas suscité une large mobilisation populaire. La répression des voix critiques s’est intensifiée, avec des arrestations de journalistes et d’activistes dénoncées par Human Rights Watch. Cette répression survient alors que les tensions autour d’un potentiel troisième mandat de Tshisekedi s’intensifient.
Que pèse l’opposition ?
L’impact de cette nouvelle plateforme d’opposition sur la population reste incertain. Lors des dernières élections, Félix Tshisekedi avait remporté 73,34 % des voix, un résultat contesté par l’opposition qui évoque des fraudes électorales. Jean-Thierry Monsenepwo, un cadre de la majorité présidentielle, a qualifié la Coalition 64 de « coalition des recalés de la République, une réunion d’ambitions fracassées (…) que le peuple a rejeté ».
Tenir la distance
Pour que la Coalition 64 puisse jouer un rôle significatif, elle devra raviver l’engagement des Congolais. Un dialogue national inclusif, soutenu par les Églises catholique et protestante, pourrait offrir une issue à la crise politique, mais les conditions posées par Tshisekedi pour ce dialogue semblent le vider de son sens. L’opposition se retrouve ainsi dans une position où elle doit compter sur la rue pour faire valoir ses revendications.
Source : Afrikarabia.





