Les médias de Bolloré accusés de viser une « privatisation rampante » de France Télévisions
Le directeur général adjoint de France Télévisions, Stéphane Sitbon-Gomez, a dénoncé, le 11 mai, une tentative de « privatisation rampante » orchestrée par des médias liés au milliardaire Vincent Bolloré. Cette accusation a été formulée lors d’une intervention devant l’Association des journalistes médias, où il a qualifié ces actions de « campagne d’OPA hostile qui ne dit pas son nom ».
Cette situation trouve son origine dans l’arrêt de la chaîne C8, propriété de Canal+, dont la fréquence n’a pas été renouvelée en 2025 en raison de manquements répétés, selon le régulateur de l’audiovisuel. Sitbon-Gomez a déclaré : « À partir de là, il y a eu une contre-offensive menée sur nous. »
Un rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, dirigée par le député Charles Alloncle, a recommandé la suppression de la chaîne jeunesse France 4 et la fusion de France 2 et France 5. Selon Sitbon-Gomez, cette démarche menace la spécificité et la singularité du service public.
Si ces recommandations étaient mises en œuvre, cela libérerait deux canaux, permettant au groupe Canal+ de postuler pour ceux-ci. Le dirigeant de France Télévisions a affirmé qu’il s’agissait d’une manœuvre d’un « groupe privé qui mène une campagne pour s’accaparer une partie du service public ».
Alloncle a nié toute affiliation avec Bolloré et n’a pas proposé de privatisation de l’audiovisuel public, bien qu’il soit accusé par l’opposition de vouloir affaiblir le secteur. La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a évoqué un « affaiblissement historique » et a souligné l’importance du service public pour « confronter des points de vue différents et divergents ».
Sibyle Veil, présidente de Radio France, a également critiqué le rapport, le qualifiant de soutien à ceux qui souhaitent privatiser l’audiovisuel public, tout en soulignant un recul de l’indépendance des médias.
Sitbon-Gomez a exprimé son soutien à une fusion de l’audiovisuel public et a affirmé que France Télévisions est là pour « n’exclure aucune opinion ».
Source : Le Monde avec AFP






