Les cyprès jumeaux de Saint-Aunès, des arbres emblématiques
À Saint-Aunès, près de Montpellier dans l’Hérault, deux cyprès intriguent les automobilistes qui passent sur l’A9. Ces arbres vénérables ont failli disparaître plusieurs fois et sont aujourd’hui devenus un symbole fort du territoire. Difficile de ne pas les remarquer lorsqu’on passe sur l’autoroute A9 : ces deux cyprès dressés sur un promontoire balayé par le vent signalent qu’on approche de Montpellier.
Leur silhouette s’inscrit dans le paysage depuis plus de deux siècles. Plantés en 1798 par Jacques Pagès sur son terrain de vignes du Pioch-Palat, ces arbres remarquables ont traversé les générations et survécu aux transformations du territoire.
Ces cyprès ont failli disparaître à plusieurs reprises. L’hiver 1956 a durement éprouvé vignes et oliviers, mais les cyprès ont résisté. Leur plus grand danger est venu des hommes : pendant la Seconde Guerre mondiale, des soldats allemands envisagent de les abattre, craignant qu’ils soient un point de repère pour les Alliés. Cependant, un ancien Poilu, Alexandre Bessier, s’est interposé, et les soldats, amusés, ont renoncé à leur projet.
En 1967, lors de la construction de l’autoroute A9, les cyprès ont de nouveau été menacés. Le terrain a été déclaré d’utilité publique, mais les habitants se sont mobilisés pour défendre les arbres. Un compromis a été trouvé : l’autoroute passerait, mais les cyprès seraient préservés. Depuis, ils sont devenus un véritable emblème de Saint-Aunès, apparaissant sur le logo de la commune et sur des étiquettes de vin. Ils figurent également sur la pochette de l’album “Goodbye Cruel World” d’Elvis Costello et dans le film “Sans toit ni loi” d’Agnès Varda.
Si vous passez par la halte de Saint-Aunès, vous pourrez les voir de près. Témoins du temps, les cyprès jumeaux, tels deux totems, semblent défier éternellement l’horizon.
Source : Article de presse sur les cyprès de Saint-Aunès.





