
La guerre en Iran met en lumière la faiblesse du dollar
À l’occasion des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, la guerre en Iran se révèle être un sujet central. Ce conflit, au-delà des tensions géopolitiques, souligne une évolution significative : l’affaiblissement progressif du rôle du dollar dans le système financier international.
Les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, qui se déroulent à Washington, se déroulent cette année dans un contexte particulièrement tendu lié à la guerre au Proche et Moyen-Orient. Une question se pose : assistons-nous à un basculement du système financier international ?
Le dollar, monnaie dominante à l’échelle mondiale, est utilisé pour une grande partie des échanges internationaux, notamment dans le secteur pétrolier. Il constitue également une référence pour les marchés et est largement utilisé comme réserve de valeur par les banques centrales du monde entier. Cette position confère aux États-Unis un pouvoir considérable, leur permettant d’exclure certains pays du système financier international à travers des sanctions. Pendant longtemps, cette stratégie a été efficace, car être coupé du dollar signifiait un isolement économique.
Cependant, la guerre en Iran illustre les limites de cette puissance. En dépit de sanctions sévères, l’Iran a continué à vendre son pétrole. De plus, face aux tensions dans le détroit d’Ormuz, Téhéran a su imposer ses conditions pour le passage dans cette zone stratégique. Ainsi, même en étant exclu du système dominé par le dollar, un pays peut continuer à fonctionner, ce qui témoigne d’une érosion progressive de l’hégémonie du dollar.
Cette situation est en partie due à l’adaptation des pays sanctionnés, qui développent des alternatives. Par exemple, l’Iran a commencé à vendre une partie de son pétrole en yuan, la monnaie chinoise. Des réseaux financiers alternatifs, parfois moins visibles et parfois illégaux, se sont également formés. Parallèlement, l’essor des cryptomonnaies permet d’effectuer des transactions sans passer par les circuits traditionnels, échappant ainsi à la dépendance vis-à-vis du dollar américain.
Cette dynamique pourrait avoir des conséquences durables. En utilisant le dollar comme outil de pression, les États-Unis ont provoqué un effet inattendu : d’autres pays sont incités à s’en détacher, un phénomène connu sous le nom de dé-dollarisation. Ce n’est pas un effondrement brutal du dollar, mais une transformation progressive du système financier. Le monde devient ainsi plus fragmenté, avec d’un côté un système occidental centré sur le dollar et de l’autre des circuits alternatifs, souvent liés à la Chine. Cette fragmentation entraîne moins de règles communes, plus de tensions et davantage d’incertitudes, fragilisant ainsi la stabilité de l’économie mondiale.
Source : RFI



