Ce mercredi à midi, les ambulanciers étaient sur la route. Non pas pour assurer le transport de patients vers l’hôpital ou chez un spécialiste, mais pour manifester et protester contre la flambée des prix, notamment celui du carburant.

« C’est une conjoncture qu’on n’avait pas forcément prévue. On se disait qu’avec le Covid, que le pire était derrière nous. Ne voilà t-il pas qu’il y a une autre crise. Tout a augmenté, les pièces détachées, le coût du véhicule aussi a augmenté, le carburant maintenant qui augmente. »

Mickaël Chérubin, ambulancier depuis bientôt deux ans

Une hausse des coûts difficile à supporter

La hausse du prix de l’essence constitue un coup dur pour une profession déjà fragile, confrontée à des coûts de fonctionnement importants.

« Une ambulance qu’on pouvait acheter à 60 000 euros il y a quelques années coûte 100 000 euros. Donc à ce moment, c’est compliqué pour fonctionner et peut-être qu’on va avoir la mort des ambulances à ce moment. Il faut que la population sache qu’ils auront de plus en plus de difficultés à trouver des moyens pour les transporter vers les hôpitaux. »

Roger Pernel, président du syndicat des ambulanciers de Martinique

Un cri d’alarme partagé par la profession, qui s’estime fragilisée depuis l’entrée en vigueur de la loi Matras en 2021. Cette loi permet notamment aux sapeurs-pompiers d’effectuer des interventions habituellement assurées par les ambulanciers.

« Les urgences, on en a très peu. Par exemple, on a un service de garde programmé par l’ARS. Dans la semaine, on sort avec peut-être 5-6 gardes. On fait quoi ? 6 transports. Ce n’est pas rentable. »

Eugène Almont, patron d’une entreprise d’ambulances depuis 45 ans

« Les pompiers ont déjà pris le travail sur nous parce que sur 10 véhicules immobilisés aux urgences, il y avait 7 pompiers et 3 ambulances pour faire de l’urgence. »

Des impayés qui aggravent la situation

Une activité en chute libre, à laquelle s’ajoutent d’autres difficultés. Selon Roger Pernel, certaines prestations ne sont même plus réglées :

« On fait des transports inter hôpitaux et les hôpitaux ne paient pas. »

Roger Pernel

Plus d’une dizaine d’ambulances ont pris part au convoi, encadré par les forces de l’ordre, entraînant d’importants embouteillages. D’après nos informations, après leur rencontre à 13 heures avec le préfet et le directeur de l’ARS, les professionnels ont choisi de suspendre leur mobilisation.

« Les Ambulanciers en Colère : Quand le Carburant Fait Flamber les Coûts et les Urgences »

Les ambulanciers de Martinique ne transportent plus que des manifestes, dénonçant la flambée des prix et l’absurdité d’un système à bout de souffle.

Ce mercredi à midi, les ambulanciers étaient sur la route. Non pas pour assurer le transport de patients vers l’hôpital ou chez un spécialiste, mais pour manifester et protester contre la flambée des prix, notamment celui du carburant. « C’est une conjoncture qu’on n’avait pas forcément prévue. On se disait qu’avec le Covid, que le pire était derrière nous. Ne voilà-t-il pas qu’il y a une autre crise. Tout a augmenté, les pièces détachées, le coût du véhicule aussi a augmenté, le carburant maintenant qui augmente », déplore Mickaël Chérubin, ambulancier depuis bientôt deux ans.

Ce qui se passe réellement

La hausse du prix de l’essence constitue un coup dur pour une profession déjà fragile, confrontée à des coûts de fonctionnement importants. « Une ambulance qu’on pouvait acheter à 60 000 euros il y a quelques années coûte 100 000 euros. Donc à ce moment, c’est compliqué pour fonctionner et peut-être qu’on va avoir la mort des ambulances à ce moment. Il faut que la population sache qu’ils auront de plus en plus de difficultés à trouver des moyens pour les transporter vers les hôpitaux », avertit Roger Pernel, président du syndicat des ambulanciers de Martinique. Un cri d’alarme partagé par la profession, fragilisée depuis l’entrée en vigueur de la loi Matras en 2021, qui a permis aux sapeurs-pompiers d’effectuer des interventions habituellement assurées par les ambulanciers.

Pourquoi cela dérange

Les urgences, on en a très peu. « Par exemple, on a un service de garde programmé par l’ARS. Dans la semaine, on sort avec peut-être 5-6 gardes. On fait quoi ? 6 transports. Ce n’est pas rentable », souligne Eugène Almont, patron d’une entreprise d’ambulances depuis 45 ans. Les pompiers, déjà sur le terrain, prennent le relais. « Sur 10 véhicules immobilisés aux urgences, il y avait 7 pompiers et 3 ambulances pour faire de l’urgence », précise-t-il. Une situation qui met en lumière l’inefficacité d’un système qui semble s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions.

Ce que cela implique concrètement

Une activité en chute libre, à laquelle s’ajoutent d’autres difficultés. Selon Roger Pernel, certaines prestations ne sont même plus réglées : « On fait des transports inter hôpitaux et les hôpitaux ne paient pas. » Plus d’une dizaine d’ambulances ont pris part au convoi, encadré par les forces de l’ordre, entraînant d’importants embouteillages. Après leur rencontre à 13 heures avec le préfet et le directeur de l’ARS, les professionnels ont choisi de suspendre leur mobilisation, mais pour combien de temps ?

Lecture satirique

Il est fascinant de constater à quel point les promesses politiques de soutien à la santé publique semblent se perdre dans les méandres d’une bureaucratie inefficace. Alors que les ambulanciers crient à l’aide, les décideurs semblent plus préoccupés par leur image que par la réalité sur le terrain. La loi Matras, censée améliorer la situation, n’a fait qu’aggraver les choses. Un peu comme si, en pleine tempête, on décidait de changer le cap du navire sans se soucier des vagues qui s’annoncent.

Effet miroir international

Dans un monde où les politiques autoritaires se multiplient, de l’ultraconservatisme américain aux dérives autoritaires en Russie, il est intéressant de noter que la santé publique est souvent le premier secteur à souffrir. Les discours politiques déconnectés de la réalité, comme ceux que l’on retrouve chez certains dirigeants, trouvent un écho dans la situation des ambulanciers : des promesses vides face à une crise bien réelle.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, il est à craindre que la profession d’ambulancier ne devienne un souvenir lointain, remplacée par des solutions improvisées et des services d’urgence en déroute. Les citoyens, quant à eux, devront s’habituer à l’idée que leur transport vers l’hôpital pourrait devenir un luxe, et non un droit.

Sources

Source : la1ere.franceinfo.fr

Peut-être qu’on va vers la mort des ambulances
Visuel — Source : la1ere.franceinfo.fr
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