« L’école catholique ne doit pas viser une transmission intégrale ou une réussite intégrale »

L’école catholique ne doit pas viser une transmission intégrale ou une réussite intégrale

L’éducation intégrale est présentée comme un idéal au sein de l’Église catholique, un concept qui semble fédérer de nombreux acteurs éducatifs. Historiquement, en France, certains courants, appelés « néorépublicains », soutenaient que l’école devait se concentrer uniquement sur l’instruction. Selon eux, demander aux enseignants d’éduquer les élèves les détourne de leur mission principale, les transformant en animateurs ou en psychologues, tout en déresponsabilisant les familles.

Proposer une éducation intégrale implique de reconnaître que l’école joue un rôle dans l’éducation des esprits, des cœurs et des corps. Toutefois, il est essentiel de s’interroger sur les implications de cette approche. En effet, l’idée d’une connaissance ou d’une réussite intégrale peut induire une pression excessive sur les élèves et les enseignants.

Éveiller la soif d’apprendre

L’éducation intégrale peut donner l’impression qu’il est possible d’atteindre une maîtrise totale des savoirs. Cependant, la foi chrétienne met en avant l’importance de reconnaître nos limites. Les enseignants font face à de nombreuses exigences, tandis que les élèves sont souvent accablés par des programmes lourds. Il est donc préférable d’éveiller chez eux une soif d’apprendre, plutôt que de leur imposer un idéal d’achèvement.

Partir de la parole des enfants

Le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle soulève des interrogations sur la manière d’aborder ces sujets en classe. Au lieu de fournir une information exhaustive, il est plus approprié de partir des préoccupations des enfants pour adapter les discours à leur niveau de compréhension.

Ni savoir intégral, ni pouvoir absolu

Il est crucial de rappeler que les enseignants ne détiennent pas un savoir intégral ni un pouvoir absolu. La perception de l’autorité a évolué, et les enseignants doivent naviguer dans un contexte où leur respect est moins évident qu’auparavant.

Les limites rendent créatifs

Le métier d’enseignant est confronté à des défis croissants, notamment en matière d’attractivité. Plutôt que de tenter de restaurer une autorité passée, il est nécessaire de valoriser les compétences et les initiatives des enseignants. Dans un monde où l’accès à l’information semble illimité, l’école catholique peut offrir un espace où l’incarnation et la reconnaissance de nos limites sont essentielles.

Cette approche, qui ne se limite pas à un slogan, peut enrichir l’expérience éducative des élèves.

Source : La Croix

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