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Elections émaillées de violences : un siècle de tensions en Martinique
Les élections de mai 1925 demeurent les plus violentes que la Martinique ait connues, avec des événements tragiques marquant profondément l’histoire politique de l’île. À Ducos, deux conseillers généraux, Charles Zizine et Louis Des Etages, sont tués par un gendarme, un incident connu sous le nom de l’Affaire Zizine / Des Etages.
Depuis deux ans, la Martinique est le théâtre de tensions politiques croissantes, avec des élections annulées, suspendues et des fraudes électorales. Dans les années 1920, deux blocs politiques s’affrontent : les Républicains, soutenus par les békés, et les socialistes, représentés par Joseph Lagrosillière.
Au Diamant, la tension est à son comble
Le 11 mai 1925, devant la mairie du Diamant, dix personnes perdent la vie et quatorze autres sont blessées. Ce jour-là, les assassinats de Zizine et Des Etages plongent la commune dans un climat de peur et de violence, un épisode qui a donné naissance à l’expression « faire des élections à la Richard », en référence au gouverneur de l’époque.
Plus d’un demi-siècle plus tard, en 1989, le Vauclin est le théâtre d’une nouvelle crise. La foule conteste la réélection d’Yves Justin face à Raymond Occolier, entraînant un blocage de la mairie. Les résultats ne seront connus que tard dans la nuit, et six ans plus tard, Occolier sera finalement élu dès le premier tour.
Dernier acte de violence connu lors d’élections cantonales
En 1995, à Sainte-Luce, une cantonale partielle est organisée après l’annulation des élections par le Conseil d’État. Lors d’une rixe au bureau de vote de Monésie, deux hommes s’affrontent à l’arme blanche, faisant un mort. À l’issue du dépouillement, Louis Crusol récupère son mandat de conseiller général.
Pendant de nombreuses années, les élections en Martinique ont été entachées de violences, qu’elles soient institutionnelles ou liées aux partisans. Cependant, depuis deux décennies, aucun incident tragique n’a été signalé, bien que des tensions demeurent, comme en 2014 à Rivière Pilote, lorsque le MIM (Mouvement Indépendatiste Martiniquais) a perdu son bastion.
Cette histoire de violence politique souligne les défis persistants auxquels la Martinique fait face en matière de stabilité électorale.
Source : La1ere.franceinfo





