Au L7 2026, le syndicalisme international se réunit

Le Labour 7 Summit (L7) s’est tenu cette année en France, réunissant les grandes confédérations syndicales des pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni). Cet événement a été marqué par des préoccupations croissantes concernant la pression sur les droits des travailleurs et l’aggravation des inégalités. François Hommeril, président de la CFE-CGC, a souligné l’urgence de ces enjeux dans un contexte mondial de montée des nationalismes et de remise en cause du multilatéralisme.

Marylise Léon (CFDT) a déclaré : « Le multilatéralisme est non seulement fragilisé, mais aussi ouvertement contesté. Le repli national et le chacun pour soi ne sont pas une solution. Le L7 est un des espaces où nous pouvons exprimer la voix des travailleurs. À nous de rappeler que les grands équilibres géopolitiques ne sont pas durables sans justice sociale. »

Sophie Binet (CGT) a mis en lumière les contradictions actuelles : « Nous sommes confrontés chaque jour au résultat de la remise en cause du droit international pour le remplacer par le droit du plus fort et du plus riche. Partout les prix explosent et les salaires stagnent. Maintenant, 10 % des travailleurs vivent dans des zones de conflit. »

Patricia Devron (FO) a insisté sur l’importance du dialogue : « Entretenir un dialogue franc avec les architectes des politiques sociales et commerciales internationales est capital. À l’issue du L7, les difficultés des travailleurs n’auront pas été résolues, mais nous aurons de nouvelles pistes et une meilleure coordination internationale. »

Laurent Escure (UNSA) a appelé à un sursaut collectif : « Les progrès sociaux ne sont plus une priorité des gouvernements. Mais il n’y aura pas de droits sociaux et humains sans liberté, sans cadre démocratique, sans droit international et multilatéralisme. À nous de donner un cadre pour sortir de la logique de prédation et d’accaparement actuelle. »

François Hommeril a exprimé une inquiétude sur les normes internationales : « Ce n’est pas bon signe quand on se dit en France qu’il existe des normes internationales pour nous protéger face aux attaques contre les droits des travailleurs. En ces temps si sombres, le monde a besoin de l’expression du syndicalisme international qui, par nature, est pacifique. »

Jean-Pierre Farandou, ministre français du Travail, a appelé à l’union : « Nous devons réagir à ces menaces, ou accepter d’être des vassaux. La capacité de l’Union européenne à faire union est indispensable car chaque pays indépendamment ne pèse pas lourd face à ces géants. » Il a également mis en garde contre les tentatives de fragilisation des institutions qui permettent le dialogue international.

La première session du L7 a été consacrée au rôle du G7 dans la promotion du travail décent, avec des intervenants de la Confédération syndicale internationale, de l’OCDE et de l’OIT. Luc Triangle a présenté des chiffres alarmants : 2,1 milliards de travailleurs dans le monde vivent dans des conditions précaires, 245 millions sont en situation de précarité extrême, et 250 millions de jeunes sont sans formation ni emploi.

Mark Pearson a précisé que, dans les pays du G7, le taux de chômage est de 5,2 % et le taux d’emploi de 73 %. Toutefois, les salaires réels demeurent inférieurs aux niveaux d’avant la pandémie, progressant deux fois moins vite qu’auparavant. Le vieillissement de la population pourrait également freiner la croissance du PIB par habitant d’un tiers dans les prochaines décennies.

Patrick Belser a constaté une distorsion dans les statistiques du marché du travail : le taux de chômage officiel est de 4,4 %, tandis que le taux de déficit d’emploi atteint 7,5 %. Environ 57 % des travailleurs mondiaux sont dans l’économie informelle ou dans des situations vulnérables, sans protection sociale. En Europe, 8,3 % des salariés sont en risque de pauvreté, un problème qui s’aggrave pour ceux travaillant à temps partiel.

Les intervenants ont proposé d’ancrer le « travail décent » et la protection sociale au cœur des stratégies économiques. L’emploi des seniors a également été identifié comme un enjeu majeur, avec des propositions pour améliorer la mobilité professionnelle à mi-carrière et lutter contre la discrimination liée à l’âge. Les recommandations formulées lors de ce sommet devront être traduites en engagements concrets, notamment par la France, qui présidera le G7.

Source : CFE-CGC

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