Le RN face à sa propre contradiction : défendre l’Europe sans jamais l’accepter !
Le fait qui dérange
Le projet de loi n° 3073, adopté par le Sénat, habilite le Gouvernement à prendre des ordonnances pour s’adapter aux règlements européens de mai 2024. Une procédure accélérée qui, à première vue, semble être une belle manœuvre de flexibilité. Mais derrière cette apparente agilité, se cache un décalage troublant entre les promesses politiques et la réalité des faits.
Ce que le RN affirme
Le Rassemblement National (RN) clame haut et fort son attachement à la souveraineté nationale, dénonçant régulièrement l’influence de l’UE sur les décisions françaises. Marine Le Pen et ses acolytes ont promis de « reprendre le contrôle » des lois et des règlements imposés par Bruxelles, tout en jurant de défendre les intérêts des Français contre « l’ogre bureaucratique européen ».
Ce que disent les faits
Pourtant, ce même RN se retrouve désormais à soutenir un projet de loi qui, en essence, permet au Gouvernement de contourner le processus législatif habituel pour appliquer des directives européennes. La procédure accélérée, loin d’être un gage de transparence, est souvent perçue comme une manière de passer en force, évitant un débat public approfondi. Les règlements européens en question, dont les n° 2024/1347 à 2024/1359, ne sont pas des options, mais des obligations, que le Gouvernement se voit contraint de transposer.
Le grand écart
Alors, qu’en est-il de la promesse de souveraineté ? Après avoir dénoncé l’emprise de l’Europe, le RN se retrouve à applaudir un projet qui, en réalité, renforce cette même emprise. Entre les déclarations de lutte contre le « diktat de Bruxelles » et le soutien à des mes qui facilitent son application, il y a manifestement quelques kilomètres de cohérence. Le RN, qui se veut le champion de la résistance, se transforme ici en complice d’une politique qu’il prétend combattre.
Ce qu’il faut retenir
Le Rassemblement National, en soutenant ce projet de loi, illustre parfaitement l’écart entre le discours et la réalité. Les promesses de souveraineté sont mises à mal par des choix politiques qui, sous couvert de légalité, favorisent l’accroissement de l’influence européenne sur les décisions françaises. Un grand écart qui ne peut que susciter l’interrogation : à qui profite réellement cette manœuvre ?
Sources
- Rapport n° 3073 sur le projet de loi, déposé le 22 juillet 2026.
- Documents officiels du Parlement européen.
- Déclarations publiques du Rassemblement National.
La conclusion est simple : le RN, dans sa quête de pouvoir, semble avoir oublié ses propres promesses. Une ironie qui mérite d’être soulignée, tant les discours politiques peuvent parfois faire office de masques dissimulant une réalité bien moins glorieuse.
