
Le problème, c’est la masse : le surtourisme abîme le Piton de la Fournaise
Piton de la Fournaise (La Réunion), reportage — Le site emblématique du Piton de la Fournaise, récemment rouvert après deux éruptions spectaculaires en début d’année, fait face à une affluence croissante de visiteurs. En moyenne, ce lieu attire 350 000 personnes par an, notamment au point de vue panoramique du pas de Bellecombe-Jacob. Malheureusement, cette fréquentation massive entraîne une accumulation de déchets, tels que verre, aluminium, plastique et mégots, le long des sentiers menant au volcan.
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Menaces écologiques
L’éruption qui a eu lieu au début de l’année a duré deux mois et a suscité un grand intérêt, avec des foules se rendant quotidiennement pour observer les coulées de lave. Cependant, cette surfréquentation pose de sérieuses menaces écologiques. Selon Lorraine Masini-Condon, chargée de mission au Parc national de La Réunion, les espèces exotiques envahissantes représentent la plus grande menace pour la biodiversité de l’île. Ces espèces peuvent être introduites par les visiteurs, que ce soit intentionnellement ou accidentellement, par exemple en transportant des graines sous leurs semelles.
Hélicoptères touristiques et drones
La situation est exacerbée par la prolifération des déchets alimentaires, qui attire des rongeurs comme les rats, perturbant ainsi l’équilibre écologique. De plus, les hélicoptères touristiques et les drones, qui survolent la zone, stressent les espèces locales, notamment les pétrels noirs, une espèce en danger critique d’extinction.
Conséquences de la fréquentation
L’Office national des forêts (ONF) a observé une augmentation significative du nombre de visiteurs lors des éruptions, avec jusqu’à 10 000 personnes se rendant sur le site certains jours. Le comptage des véhicules a révélé une augmentation de 3700 unités lors de la première éruption de 2026, un chiffre deux fois supérieur à la normale.
Cette situation soulève des préoccupations quant à la durabilité de la gestion du site et à la nécessité d’une sensibilisation accrue des visiteurs sur les pratiques responsables et la gestion des déchets.
Source : Reporterre



