Sans étudiants étrangers, on perd des cerveaux en France, regrette le président de l’université Bourgogne Europe

L’Université de Dijon pourrait connaître une baisse significative du nombre d’étudiants étrangers, suite à une mesure proposée par le gouvernement. Ce plan imposerait une augmentation des frais d’inscription, rendant l’accès à l’enseignement supérieur inabordable pour de nombreux étudiants internationaux. Vincent Thomas, président de l’université Bourgogne Europe, s’oppose fermement à cette initiative.

Le 20 avril dernier, le ministre de l’Enseignement supérieur a présenté un plan d’action qui obligerait les universités à augmenter considérablement les frais d’inscription pour les étudiants étrangers. Actuellement, environ 10 % des étudiants de l’université de Dijon, soit plus de 3 000 personnes, proviennent de l’étranger.

Depuis 2019, les frais pour les étudiants internationaux ont déjà été augmentés, mais les universités ont jusqu’à présent la possibilité d’exonérer jusqu’à 10 % de leurs effectifs. Cependant, ce privilège pourrait disparaître, ne laissant que les étudiants bénéficiant d’une bourse de l’État français comme exception. La probabilité d’obtenir une telle bourse pour un étudiant étranger est extrêmement faible.

Vincent Thomas souligne l’importance d’une égalité de traitement entre tous les étudiants, affirmant que cela est essentiel pour l’attractivité de l’université et pour le développement de la recherche. Les étudiants internationaux, notamment ceux en Master, sont souvent les futurs doctorants qui contribuent à l’activité de recherche des laboratoires.

La suppression de ces étudiants pourrait avoir des conséquences graves sur les laboratoires de recherche, qui risqueraient de perdre une partie de leur potentiel intellectuel. En outre, cela nuirait au rayonnement de la France à l’international, car ces étudiants entretiennent des liens avec l’Hexagone même après leur retour dans leur pays d’origine.

Financièrement, l’université de Dijon fait face à un déficit croissant, avec une compensation de l’État manquante d’environ 23 millions d’euros depuis 2019. Cette situation, combinée à des choix budgétaires difficiles, soulève des inquiétudes quant à la pérennité des universités françaises.

Enfin, l’université de Dijon a mis en place des mesures de soutien social pour aider les étudiants en difficulté, notamment une commission de solidarité étudiante et des repas à un euro pour tous les étudiants, afin de garantir l’accès à l’éducation pour ceux qui en ont besoin.

Source : ICI Bourgogne

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire