
Le motif du licenciement n’est pas clair
Après avoir été relaxés en première instance et suite à l’appel du ministère public, l’ancien maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret, et son ancienne collaboratrice, Alexandra Cordier, se sont à nouveau présentés devant la justice le 7 mai 2026. Des peines plus légères ont été requises à l’issue d’un procès qui s’est terminé tard dans la soirée.
L’affaire Fousseret/Cordier n’est pas encore close. Ce second procès a eu lieu au tribunal correctionnel de Besançon, où les deux prévenus étaient accusés de détournements de fonds publics. L’audience a débuté vers 17 heures et a duré plusieurs heures. Le 5 novembre 2025, ils étaient sortis confiants du tribunal, qui, le 1er octobre 2025, avait prononcé une relaxe pour les trois chefs d’accusation : détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêt, et travail dissimulé. Cependant, le parquet a décidé de faire appel deux jours plus tard.
L’affaire remonte aux élections municipales de mars 2020. À cette époque, Alexandra Cordier était directrice de cabinet de Jean-Louis Fousseret, qui ne s’est pas représenté. Eric Alauzet a été désigné par la République en Marche comme candidat. Malgré cela, Cordier a décidé de se présenter en dissidence, nécessitant un départ de son poste. Elle a été licenciée trois mois avant les élections, coûtant à la municipalité environ 94 000 euros.
Un rapport de la chambre régionale des comptes, rendu en novembre 2024, a critiqué ce licenciement, affirmant que l’incompatibilité entre son poste et sa candidature n’était pas de la responsabilité de la commune. L’accusation soutient que Cordier aurait dû démissionner, et le ministère public envisage un licenciement de complaisance.
Lors du premier procès, 79 825 euros avaient été réclamés à Cordier, correspondant à l’aide au retour à l’emploi et aux indemnités de licenciement perçues. L’avocat général avait requis 12 mois d’emprisonnement avec sursis, 30 000 euros d’amende, et 2 ans de privation des droits d’éligibilité. Cordier a toujours affirmé ne pas avoir demandé ce licenciement.
Concernant Jean-Louis Fousseret, le parquet avait requis 8 mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende, et 1 an de privation des droits d’éligibilité. Ces réquisitions n’ont pas été suivies par le tribunal, qui a prononcé une relaxe.
L’ancien maire a exprimé son désarroi lors de l’audience en octobre 2025, déclarant : « Je me sens sali, meurtri… ». Pour lui, licencier Cordier était la « voie la plus propre » pour couper les liens avant sa candidature.
Les avocats des deux prévenus ont maintenu leur défense. Me Emmanuel Touraille, avocat de Cordier, a affirmé que la décision de licenciement était légale et conformément au statut des collaborateurs de cabinet. En revanche, l’avocat de la ville, Me Florent Diaz, a contesté cette analyse, soulignant des questions d’intérêt privé.
À l’issue de six heures et demie d’audience, le parquet a requis 10 000 euros d’amende et six mois de prison avec sursis pour Fousseret, ainsi que 5 000 euros d’amende pour Cordier. La décision sera rendue le 9 juillet 2026.
Source : France 3 Franche-Comté.



