
Vrai ou faux : Le déclin du réseau ferré français est-il dû au « capitalisme » ?
Une carte circulant sur les réseaux sociaux, vue plus de 200 000 fois, compare le réseau ferré français en 1930 et en 2014. Elle souligne une perte de 16 000 km de voies, attribuant ce déclin au « capitalisme ». Bien que les chiffres soient exacts, leur interprétation pose question.
Deux cartes de France circulent largement en ce printemps 2026. La première montre un réseau ferré très dense en 1930, tandis que la seconde, de 2014, révèle un réseau beaucoup plus clairsemé. Ce contraste est présenté comme un symbole du déclin du système ferroviaire français.
Ces représentations ne sont pas nouvelles et ont été partagées par des figures politiques telles que Fabien Roussel et Thomas Portes. Les données historiques montrent qu’en 1930, la France avait environ 63 000 km de voies, tandis qu’en 2014, le réseau de la SNCF ne comptait plus que 28 000 km. Ce déclin est indéniable.
Cependant, une analyse plus approfondie révèle que le réseau ferroviaire français de 1930 était principalement géré par des compagnies privées, et non par l’État. Ce n’est qu’en 1938 que l’État a nationalisé ces compagnies pour créer la SNCF. L’extension maximale du réseau a donc eu lieu durant une période de gestion privée. La SNCF, dès ses débuts, a fermé 10 000 km de lignes.
Les raisons de cette réduction sont multiples. La concurrence croissante des automobiles et des autocars, ainsi que la fermeture de petites lignes, ont commencé dès les années 1930. Des décrets de coordination rail-route ont même permis le transfert de services ferroviaires sur route. Pendant les Trente Glorieuses, l’exode rural et la généralisation de la voiture ont accentué ce phénomène, réduisant le réseau ferroviaire à son niveau de maillage de 1890.
Enfin, l’introduction du TGV à partir de 1981 a priorisé les investissements dans les lignes à grande vitesse au détriment des petites lignes vieillissantes. Pour 2026, la SNCF a prévu 1 700 chantiers pour la régénération de son réseau existant.
En résumé, bien que le déclin du réseau ferré soit avéré, l’attribuer exclusivement au « capitalisme » simplifie une réalité complexe qui englobe des choix politiques, économiques et sociaux.
Source : Franceinfo



