
Du premier relevé photographique du ciel à Gaia : cartographier toutes les étoiles, un vieux rêve
Le 25 avril 2018, le catalogue Gaia DR2 a été publié. Lancé en 2013, le satellite européen Gaia avait pour mission d’observer les étoiles de la Voie lactée et des galaxies environnantes, mesurant leurs positions, distances, mouvements et propriétés physiques. Cette cartographie en couleur compile les relevés de plus de 1,7 milliard d’étoiles, effectués entre juillet 2014 et mai 2016. Les zones plus claires de la carte indiquent des concentrations plus élevées d’étoiles brillantes, tandis que les zones sombres révèlent une présence moindre de ces étoiles.
L’objectif de cette mission était de produire le catalogue d’étoiles en 3D le plus important et le plus précis jamais réalisé, un objectif déjà atteint, avec la version définitive du catalogue prévue pour fin 2030. Gaia s’inscrit dans une tradition ancienne, l’astrométrie, qui consiste à mesurer la position et la luminosité des étoiles pour créer des catalogues et des cartes du ciel. Cette discipline a connu une avancée significative au XIXe siècle avec l’invention d’instruments tels que les spectroscopes et les photomètres, permettant d’étudier des caractéristiques telles que la vitesse radiale grâce à l’effet Doppler-Fizeau.
La photographie a également joué un rôle crucial dans l’astronomie. En 1887, l’amiral Amédée Mouchez, directeur de l’observatoire de Paris, a rassemblé des astronomes pour discuter de la création d’une carte photographique du ciel. Il a affirmé que grâce à la photographie, il serait possible d’établir en quelques années un catalogue d’étoiles qui aurait autrement pris des siècles à réaliser. Mouchez a réussi à convaincre 18 observatoires à travers le monde de participer à ce projet. Bien que confronté à de nombreux défis, ce projet a préfiguré l’organisation internationale de la science, notamment avec la création de l’Union astronomique internationale en 1919, et a conduit à Gaia, qui mobilise aujourd’hui plus de 450 scientifiques de 20 pays.
Les cartes du ciel et les catalogues d’étoiles illustrent la nature collaborative de la recherche scientifique, un effort collectif à travers le temps et l’espace. Ces documents archivent l’état des cieux et de l’astronomie à chaque période de leur élaboration, éclairant ainsi le travail des astronomes futurs. Mouchez avait exprimé le souhait de transmettre aux générations futures un document d’une authenticité et d’une précision absolues, permettant d’établir les lois de variation du ciel.
Source : Pour la Science





