Le muguet sous pression : une tradition qui coûte de plus en plus cher à produire

Le muguet sous pression : une tradition qui coûte de plus en plus cher à produire

Symbole du 1er mai et porte-bonheur par tradition, le muguet demeure une fleur emblématique. Toutefois, derrière ses clochettes blanches, se cache une filière fragilisée, confrontée à la hausse des coûts, aux aléas climatiques et à une équation économique de plus en plus délicate pour les producteurs.

Produit à plus de 90 % dans le bassin nantais, le muguet est une culture extrêmement sensible à la météo. Philippe Naulleau, producteur et responsable de la section muguet des maraîchers nantais, dirige une exploitation de 1,5 hectare. Il décrit la saison actuelle comme « difficile ». Cette production, représentant seulement 5 % à 10 % de son chiffre d’affaires global, a été fortement impactée par une précocité due à un hiver doux et à un printemps particulièrement chaud.

Les conséquences sont notables : une floraison avancée difficile à maîtriser. « Cette année, on a vu jusqu’à 20 à 30 % de casse au champ, parfois plus », explique-t-il. Les brins trop fleuris deviennent invendables, alors que toute la filière mise sur une seule date clé : le 1er mai. En termes de volume, « cette année, on va produire tout juste 200 000 brins, contre 600 000 les bonnes années », souligne le producteur, mettant en lumière la perte brutale de potentiel économique.

Pour faire face à cette situation, les producteurs multiplient les manipulations : stockage prolongé en chambre froide, tris et retris, gestion fine des dates de cueillette. « Les frigos ont tourné presque trois semaines au lieu d’une semaine et demie et notre consommation électrique a été multipliée par trois », précise Philippe Naulleau. Cette adaptation est indispensable pour sauver une partie de la récolte, mais elle alourdit considérablement la facture.

Source : La Tribune.

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