
Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était : une analyse de l’oppression des femmes
Le livre de Christophe Darmangeat, Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était, aborde la question de l’origine de l’oppression des femmes, un sujet qui a suscité de nombreux débats. L’auteur remet en cause une idée répandue dans certains cercles marxistes et féministes, qui postule que l’oppression des femmes découle de l’émergence d’une société de classes.
Cette croyance s’inspire largement des travaux de Friedrich Engels, notamment de son ouvrage L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, publié en 1884. Engels y avance que les sociétés primitives étaient égalitaires, voire matriarcales, en l’absence d’accumulation de biens. Cette hypothèse a été interprétée de diverses manières : pour certains marxistes, l’inégalité des sexes se serait manifestée avec l’accumulation et la formation des classes sociales. Pour d’autres, notamment certaines féministes, cette vision historique leur permet de revendiquer une égalité perdue, renforçant ainsi leur combat pour la libération des femmes.
Darmangeat souligne que de telles croyances ont influencé de nombreuses publications universitaires, souvent marquées par une adhésion stricte au marxisme orthodoxe. L’auteur propose une nouvelle analyse s’appuyant sur des données contemporaines et croisant plusieurs disciplines comme la sociologie, l’anthropologie et l’archéologie, en étudiant diverses sociétés primitives, des aborigènes d’Australie aux Inuits.
Il met en avant la complexité de mesurer l’égalité dans des sociétés où les rôles sont distincts, et insiste sur l’absence de différenciation selon le sexe dans les tâches et les fonctions sociales plutôt que sur une simple égalité. Ses recherches montrent que la situation des femmes a rarement été favorable et qu’il n’existe aucune preuve solide d’un matriarcat en tant que système social dominant.
Darmangeat conclut que la subordination des femmes a des racines qui remontent bien avant l’avènement du capitalisme. Dans les sociétés observées, la division sexuelle du travail est universelle, et les hommes occupent la plupart des fonctions politiques et militaires. Il est donc difficile de dater précisément l’origine de cette subordination, mais elle semble ancrée dans des structures sociales anciennes.
L’auteur avance que les revendications d’égalité dans les sociétés modernes sont une exception, émergeant probablement des conditions matérielles du capitalisme, qui transforme les produits et la force de travail en marchandises. Toutefois, il souligne que le capitalisme demeure un système inégalitaire, nécessitant un changement profond pour abolir toute forme de subordination.
Finalement, le livre de Darmangeat ne vise pas à élucider l’origine de l’oppression des femmes, mais à clarifier d’où elle ne provient pas, tout en mettant en lumière les dogmes qui peuvent fausser la réalité académique. Il appelle à une réflexion sur la construction d’une organisation sociale sans différenciation entre les êtres humains, une question qui reste à explorer.
Source : Christophe Darmangeat, Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était.





