Du métal liquide en apesanteur

Du métal liquide en apesanteur : une expérience inédite

En mars dernier, une équipe de chercheurs dirigée par Mickael Courtois, de l’Institut de Recherche et Développement sur les Matériaux à Lorient (IRDL), a réalisé une expérience novatrice consistant à chauffer des billes de métal à plus de 2 000 °C à l’aide d’un laser, tout en maintenant ce liquide en lévitation dans un avion effectuant des manœuvres de looping. Ce projet, dénommé Carmélide, a été sélectionné pour la dernière campagne de vol en apesanteur du Centre national d’études spatiales (Cnes).

Durant trois jours, l’équipe a effectué 93 paraboles dans l’avion Zero G, en collaboration avec une dizaine d’autres équipes scientifiques. L’objectif principal de cette expérience était d’étudier les propriétés des métaux à l’état liquide, un domaine crucial pour plusieurs secteurs industriels, notamment celui du nucléaire.

Pour analyser un métal à de telles températures, il est nécessaire de le maintenir en lévitation grâce à un flux de gaz, car la force gravitationnelle sur Terre empêche l’échantillon de vibrer librement, rendant impossible la mesure de sa viscosité. Mickael Courtois souligne que « la seule solution, c’est de supprimer la pesanteur ». Les préparatifs pour cette expérience ont duré six mois, les équipes ayant dû surmonter de nombreux défis techniques pour installer le matériel dans l’avion.

Les résultats préliminaires indiquent que l’expérience a fonctionné à 90 %, un résultat supérieur aux attentes compte tenu de la complexité de la tâche. Cependant, l’équipe a rencontré des difficultés liées à l’accélération résiduelle de l’avion, rendant les billes de métal moins stables que prévu. Courtois reste optimiste quant à l’avenir, prévoyant des ajustements techniques pour la prochaine campagne de vols paraboliques prévue en octobre.

Cette recherche pourrait avoir des implications significatives pour la compréhension du comportement des métaux à haute température, un enjeu majeur pour la sécurité dans le secteur nucléaire.

Source : IRDL, Cnes

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