Le Cesec rejette la stratégie économique “Cap 2033” et juge le document insuffisant

Le Cesec rejette la stratégie économique “Cap 2033” et juge le document insuffisant

Tahiti, le 30 avril 2026 – Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) a émis un avis défavorable, ce jeudi, concernant le projet de délibération portant sur la stratégie de développement économique “Cap 2033 : A Fano rā”. Cette séance a également permis l’adoption d’une autosaisine dédiée à la souveraineté alimentaire.

Le document “Cap 2033”, présenté par le gouvernement avant son passage à l’assemblée de la Polynésie française, vise à établir les grandes orientations économiques du Pays à l’horizon 2033. Élaboré par le ministère de l’Économie et des Finances à la demande de la présidence, il se concentre sur plusieurs secteurs jugés prioritaires, tels que le tourisme, l’agriculture, la perliculture, l’aquaculture, le numérique, l’audiovisuel et les énergies renouvelables.

Cependant, le Cesec a noté que, bien que la nécessité d’un document de planification économique transversal soit reconnue, le texte présenté est jugé largement insuffisant. L’institution a déclaré que “Cap 2033 est un cap sans boussole ni moteur”, soulignant qu’il s’agit principalement d’un document de concordance entre plusieurs schémas directeurs, dont “les trois quarts ne sont pas encore adoptés”. De plus, le texte manque de plan de financement, de calendrier opérationnel et d’indicateurs fiables de résultats, alors qu’il est soumis trois ans après son point de départ officiel.

Le Conseil a recommandé de mieux associer les communes et les circonscriptions des archipels à la mise en œuvre, de réaliser un bilan des précédents documents de planification, et de fixer des objectifs chiffrés en matière de formation pour chaque filière prioritaire. Il a également appelé à l’adoption de politiques sectorielles encore en attente, notamment en perliculture et aquaculture.

Parmi les objectifs affichés par le gouvernement, une révision à la baisse des ambitions touristiques est notable, avec un objectif de 450 000 visiteurs annuels, contre 600 000 précédemment. Le texte prévoit également une augmentation de 30 % de la production alimentaire locale et une flotte de pêche portée à 100 navires, contre 80 actuellement. Le numérique devrait représenter 15 % du produit intérieur brut d’ici 2033, tandis que la part des énergies renouvelables est fixée entre 55 et 60 %.

Le Cesec a également souligné des incohérences à corriger, notamment concernant la défiscalisation “RII”, et a demandé l’établissement d’un plan de financement public-privé par secteur, ainsi qu’un tableau de bord des schémas directeurs avec des dates d’adoption contraignantes. Une évaluation claire des impacts budgétaires pour le Pays et des sources de financement associées a également été demandée.

Concernant la gouvernance, l’institution a préconisé de formaliser la composition et les règles des instances de pilotage avant toute adoption, tout en s’interrogeant sur la durabilité d’une stratégie couvrant deux mandatures sans se substituer aux plans d’action quinquennaux de chaque gouvernement.

Les critiques ont été vives lors des échanges, certains membres qualifiant le document de “creux” et d’un “niveau revenu à il y a dix ans”. La question de la perliculture a également suscité des inquiétudes, notamment sur le développement des écloseries d’huîtres.

En marge des débats, une autosaisine sur la souveraineté alimentaire a été adoptée, intitulée “Produire, transformer et consommer local en Polynésie : enjeux, leviers et perspectives pour une souveraineté alimentaire et un développement agro-économique durable”.

Source : Tahiti-Infos.

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