Laurent Nunez : la police tire moins, mais les balles, elles, ne s’envolent pas !
Le fait principal
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a affirmé que le nombre de personnes tuées par la police et la gendarmerie est « stable, voire en baisse », suscitant une vive controverse après une manifestation massive contre la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre.
Ce qui s’est passé
Le 20 septembre dernier, des dizaines de milliers de Français ont manifesté pour dénoncer une loi jugée comme un « permis de tuer ». Le lendemain, sur BFM TV, Nunez a déclaré : « La France insoumise vous explique que les tirs d’arme, les morts par arme à feu du fait de la police et de la gendarmerie ont explosé. C’est faux. » Pourtant, son analyse des chiffres mérite d’être nuancée.
Le contexte
Les forces de gendarmerie, selon l’Inspection générale de la gendarmerie (IGGN), tuent en moyenne sept à huit personnes par an, un chiffre relativement stable. Cependant, la situation est plus complexe pour la police. Les données de l’IGPN montrent des fluctuations significatives dans le nombre de tirs mortels, variant entre 7 et 22 morts par an depuis 2017. En 2025, la police a tué 12 personnes, un chiffre qui reste en dessous de la moyenne historique.
Les chiffres à retenir
- Gendarmes : 7 à 8 personnes tuées par an.
- Policiers : Variations de 7 à 22 morts par an depuis 2017.
- 2025 : 12 personnes tuées par la police.
- 562 personnes sont mortes lors d’interventions des forces de l’ordre depuis 20 ans, selon LFI.
Ce que cela révèle
Les déclarations de Nunez semblent ignorer la réalité des fluctuations inquiétantes dans le nombre de morts causées par la police. La France insoumise, qui conteste ces chiffres, accuse les forces de l’ordre d’être responsables de centaines de décès au cours des deux dernières décennies. Les données fournies par le média Basta, qui a constitué une base de données exhaustive, révèlent une tendance alarmante : les morts lors d’interventions policières ont augmenté, passant de 10 en 2005 à une cinquantaine par an ces dernières années.
Ce qu’il faut retenir
Alors que le ministre de l’Intérieur clame une stabilité dans les chiffres des décès causés par les forces de l’ordre, la réalité est bien plus nuancée. Entre fluctuations des statistiques et accusations de la France insoumise, le débat sur la légitimité de l’usage des armes par la police semble loin d’être tranché.
Sources : franceinfo, Inspection générale de la gendarmerie (IGGN), Inspection générale de la police nationale (IGPN), Basta.
