
Les gardiens d’un savoir-faire ancestral : Declercq Passementiers en danger
À Montreuil-aux-Lions, dans le sud de l’Aisne, les ateliers de Declercq Passementiers continuent de fonctionner grâce à des machines anciennes et à des gestes précis hérités du XIXe siècle. Fondée en 1852, cette maison familiale se spécialise dans la fabrication de galons, franges et ornements textiles destinés à la décoration et à la restauration du patrimoine. Cependant, cet équilibre est aujourd’hui menacé.
L’entreprise a lancé une campagne de financement participatif sur Ulule pour réunir au moins 30 000 €, somme nécessaire à la restauration de ses équipements et au maintien de la production. Derrière ce montant, se joue la survie d’outils très spécifiques indispensables à la fabrication de pièces que peu d’ateliers savent encore produire en France.
Plusieurs métiers à tisser nécessitent une restauration complète. Certaines machines, utilisées depuis plusieurs décennies, présentent des signes d’usure importants, tels que des pièces mécaniques dégradées et des éléments de transmission fatigués. Ces machines conditionnent directement la capacité de l’atelier à produire des pièces uniques, souvent réalisées sur commande pour des projets décoratifs ou patrimoniaux.
Sans ces réparations, une partie de la production devient impossible, notamment pour des matières techniques comme le velours ou certaines passementeries complexes. L’enjeu est grand. « Sans aide, certains métiers risquent de disparaître définitivement », résume l’entreprise.
La production dans ces ateliers reste en grande partie artisanale, reposant sur des gestes techniques transmis au fil des générations. La réalité économique de l’entreprise est fragile, marquée par une accumulation de difficultés liées à la hausse des coûts et à la fragilisation progressive de la trésorerie.
« Nous traversons une période très compliquée, et la crise Covid, les guerres successives, le contexte général, ont fragilisé notre rentabilité. Nous avons besoin de vous pour nous aider à sauvegarder ce savoir-faire artisanal », déclare la maison Declercq.
La campagne Ulule ne vise pas uniquement à réparer des équipements, mais aussi à maintenir l’activité de l’atelier et à préserver des emplois uniques. Pour assurer l’avenir de Declercq Passementiers, un plan de continuation doit être présenté avant le 20 mai 2026.
Ce cas illustre une réalité plus large : celle de petites structures artisanales qui maintiennent des savoir-faire rares, mais dont la survie dépend souvent d’équilibres économiques fragiles. Ces ateliers, véritables patrimoines vivants, incarnent une forme d’artisanat d’excellence.
Source : Actu.fr




