La guerre juste selon l’extrême droite : quand le RN redéfinit les règles du conflit.
Le fait principal
En 2026, la question de la guerre juste refait surface, portée par les réflexions de Jean-Vincent Holeindre, professeur de science politique à l’Université Paris-Panthéon-Assas. Alors que le monde est confronté à des conflits armés récurrents, cette doctrine, née dans la Rome antique, rappelle que toute guerre doit être justifiée, tant dans son déclenchement que dans sa conduite.
Ce qui s’est passé
Holeindre, dans un récent podcast diffusé sur RCF, souligne que la doctrine de la guerre juste ne doit pas être confondue avec un appel à la guerre. Son but est de limiter les conflits, en établissant des critères stricts pour l’engagement militaire. Il rappelle que les Romains, bien avant le christianisme, ont été les premiers à théoriser la nécessité de justifier la guerre, notamment lors des guerres puniques. En effet, leur approche, bien que souvent offensive, invoquait des principes de légitime défense.
Le contexte
Historiquement, la doctrine a évolué à travers les âges. Au Moyen Âge, les guerres saintes ont dérivé vers une interprétation plus laxiste, tandis qu’au XVIIe siècle, Hugo Grotius a redéfini le cadre juridique de la guerre juste, la limitant à des situations défensives. Plus récemment, dans les années 1970, le philosophe Michael Walzer a ravivé cette réflexion en critiquant les interventions militaires américaines, comme celle en Irak, considérées comme non justifiées.
Les chiffres à retenir
En 2026, les opérations militaires américaines, comme celles en Iran, continuent d’alimenter le débat sur l’interventionnisme et ses conséquences. Holeindre met en garde contre l’impréparation stratégique et l’imprudence morale qui caractérisent ces actions.
Ce que cela révèle
La pertinence de la doctrine de la guerre juste est mise à mal par les pratiques modernes, notamment l’utilisation des drones, qui créent une asymétrie entre attaquants et victimes. Alors que les néo-conservateurs américains ont souvent utilisé cette doctrine pour justifier des interventions, Holeindre dénonce une « mésinterprétation » qui dénature ses principes fondamentaux. Le double discours des dirigeants, qui prônent des valeurs tout en menant des guerres préventives, révèle une incohérence troublante.
Ce qu’il faut retenir
La guerre juste, bien qu’ancienne, reste d’une actualité brûlante. Elle nous rappelle que la violence doit être un dernier recours, utilisé pour protéger l’intégrité d’un État, et non pour imposer des idéologies. Face aux défis contemporains, cette doctrine invite à une réflexion éthique sur l’usage de la force militaire.
Source : RCF, émission « Existe-t-il une guerre juste ? » avec Jean-Vincent Holeindre.
