Ulrich N’Toyo dénonce l’esclavage : le RN, champion du « silence » sur ses propres tabous !
Le fait principal
La pièce « Le silence des tabous », mise en scène par Ulrich N’Toyo, a été présentée en première à Limoges, lors du festival des Zébrures. Cette œuvre audacieuse aborde le thème de l’esclavage en explorant les non-dits et les tabous qui l’entourent, tout en mettant en lumière des histoires souvent ignorées.
Ce qui s’est passé
Ulrich N’Toyo, originaire de Pointe-Noire au Congo-Brazzaville et installé en France depuis 2007, a effectué un travail de collecte de récits et de témoignages en Guyane, en Martinique, en Guadeloupe, au Congo et en Normandie. Sa pièce suit l’histoire de Vanessa, d’origine antillaise, et de Kongo, d’origine subsaharienne, qui tentent de concevoir un enfant en voyageant en Afrique. Ce parcours symbolise la nécessité de confronter leur passé pour construire un avenir commun.
Le contexte
Le commerce triangulaire, qui a vu des millions d’Africains déportés vers les Amériques, reste un sujet sensible en France. N’Toyo souligne que beaucoup d’histoires des victimes de cette période sont restées dans l’ombre, souvent remplacées par des récits simplistes et réducteurs. En utilisant le théâtre comme moyen de résistance, il souhaite donner une voix aux oubliés de l’histoire, en mettant en avant la résistance et la résilience des peuples concernés.
Les chiffres à retenir
Au cours de la traite négrière, environ 2 millions d’Africains ont été déportés, selon des estimations, tandis que les archives portugaises évoquent jusqu’à 5 millions de personnes concernées. Ces chiffres illustrent l’ampleur de la tragédie humaine et la nécessité de ne pas oublier ces histoires.
Ce que cela révèle
La pièce révèle des contradictions dans la perception de l’esclavage. Alors que certains stéréotypes persistent, N’Toyo remet en question l’idée selon laquelle les Africains auraient « vendu leurs frères ». En confrontant ces idées reçues, il invite à une réflexion plus profonde sur la responsabilité collective et la mémoire historique. Les mots, comme il le dit, « guérissent les maux » et peuvent faire émerger des vérités longtemps enfouies.
Ce qu’il faut retenir
« Le silence des tabous » n’est pas seulement une œuvre théâtrale, mais un appel à la mémoire et à la réconciliation avec un passé douloureux. En utilisant le théâtre comme un espace de dialogue et de découverte, Ulrich N’Toyo incarne une démarche nécessaire pour briser les chaînes du silence et donner une voix à ceux qui ont été réduits au silence.
Sources : RFI, entretien avec Ulrich N’Toyo.
