
Génocide au Rwanda : La justice française demande la poursuite de l’instruction visant Agathe Habyarimana
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a décidé de donner raison au Parquet national anti-terroriste (Pnat) et aux associations parties civiles, demandant la poursuite de l’instruction contre Agathe Habyarimana, ancienne Première dame du Rwanda, âgée de 83 ans. Elle est visée depuis 2007 par une information judiciaire pour complicité de génocide et crimes contre l’humanité, suite à une plainte déposée par le Collectif des parties civiles pour le Rwanda.
Depuis 2016, Mme Habyarimana bénéficie du statut de témoin assisté et n’a jamais été mise en examen par les juges d’instruction, contrairement aux demandes du Pnat, qui inclut un pôle spécialisé dans les crimes contre l’humanité. Elle est la veuve de Juvénal Habyarimana, président hutu dont l’assassinat le 6 avril 1994 a précipité le génocide rwandais. Ce dernier a conduit à environ 800.000 morts, tant parmi les Tutsis que les Hutus modérés, tués par les Forces armées rwandaises et les milices hutu Interahamwe, selon les estimations de l’ONU.
Les quatre associations parties civiles soutiennent que Mme Habyarimana faisait partie des dirigeants de l' »Akazu », le cercle restreint du pouvoir hutu qui aurait orchestré le génocide. Cependant, elle conteste cette accusation, se présentant comme une mère au foyer pieuse et sans lien avec la politique. Les juges d’instruction avaient précédemment conclu, dans une ordonnance d’août 2025, qu’il n’existait pas de charges suffisantes pour établir sa complicité dans le génocide.
Suite à cette décision, le Pnat et les associations parties civiles avaient annoncé leur intention de faire appel. La récente décision de la cour d’appel marque un tournant dans cette affaire, relançant les espoirs de justice pour les victimes du génocide.
Source : France 24




