
La détresse des parents face aux jeux vidéo : une recherche à l’Université du Québec à Montréal
Publié le 28 avril 2026
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Une étude en cours à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) met en lumière les préoccupations des parents concernant l’utilisation des jeux vidéo par leurs enfants. Contrairement à de nombreuses recherches antérieures qui se concentraient sur l’impact des jeux vidéo sur les jeunes, ce projet de recherche dirigé par Catherine Gatineau se concentre sur les parents eux-mêmes.
Des parents inquiets
De nombreux parents s’interrogent sur les conséquences des heures passées par leurs adolescents dans des univers virtuels. Dans le cadre de cette étude, Gatineau a interrogé une quinzaine de parents d’enfants âgés de 12 à 18 ans, dont l’utilisation des jeux vidéo était perçue comme problématique. Les résultats révèlent que le temps consacré aux jeux vidéo variait entre 12 et 56 heures par semaine, suscitant l’inquiétude des participants quant à l’impact sur le développement, les résultats scolaires et le sommeil de leurs enfants.
Une détresse palpable
Au fil des entretiens, une détresse émotionnelle a été observée chez plusieurs parents. Certains se sentent dépassés et culpabilisés, remettant en question leurs compétences parentales. Gatineau cite l’exemple d’une mère qui se sentait défaillante face à l’inaction de son enfant concernant ses responsabilités quotidiennes. Les tensions entre partenaires peuvent également émerger, car les parents ne partagent pas toujours les mêmes opinions sur l’utilisation des jeux vidéo.
Stratégies parentales variées
Les parents interviewés ont évoqué diverses stratégies pour gérer la situation. Gatineau a regroupé ces approches en deux catégories : l’encadrement de l’utilisation des jeux vidéo, comme l’imposition de limites de temps ou l’utilisation de logiciels de contrôle parental, et le soin personnel, où les parents tentent de gérer leur propre stress face à la situation. Certains rationalisent leur approche en considérant que les jeux vidéo sont « moins pires que la drogue », tandis que d’autres choisissent de lâcher prise.
Une recherche en cours
Catherine Gatineau cherche maintenant à étendre sa recherche en recrutant 400 parents pour un questionnaire en ligne. Ce second volet vise à explorer si les stratégies diffèrent entre les parents d’enfants jouant moins intensivement. L’objectif est de développer des outils adaptés pour aider les familles à faire face aux problèmes de dépendance aux jeux vidéo.
Conseils pratiques
Gatineau souligne qu’il n’existe pas de solution universelle. Elle recommande de co-construire des règles d’utilisation des jeux vidéo avec les adolescents pour favoriser leur respect. De plus, elle encourage les parents à s’intéresser à l’univers virtuel de leurs enfants, afin d’améliorer la dynamique familiale. L’évaluation du contexte global, y compris le bien-être scolaire et social de l’enfant, est également essentielle pour déterminer si l’utilisation des jeux vidéo est problématique.
Cette recherche met en lumière un aspect souvent négligé des discussions sur les jeux vidéo : le vécu des parents.
Source : La Presse



